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mercredi 14 juillet 2021

Papeete 1914 T2: Bleu horizon

Ici, à Tahiti, la guerre est obscène.


Ce tome fait suite à Papeete 1914 T1: Rouge Tahiti (2011) qu'il faut avoir lu avant car il s'agit d'un diptyque. La première édition de cet ouvrage date de 2012. Il a été réalisé par Didier Quella-Guyot, scénariste, et Sébastien Morice, dessinateur et couleurs, aidé par Sébastien Hombel du studio Makma pour les pages 21 à 48. Il se termine avec une présentation de plusieurs des protagonistes ayant réellement existé par une courte biographie avec des photographies d'époque : le commandant Maxime Destremau (1875-1915), Octave Morillot (1878-1931), Henry Lemasson (1870-1956), ainsi qu'un article d'une page sur Tahiti après le bombardement.


22 septembre 1914, un cuirassé allemand est en train de bombarder Papeete, la capitale de Tahiti. Des constructions sont détruites, des incendies font rage. Un asiatique traverse la grand-place devant le marché : Simon Combaud lui fait signe de se mettre à l'abri. Un obus tombe et éclate non loin, en même temps que retentit un coup de feu. L'asiatique s'écroule. Combaud se précipite à son secours et constate sa mort. Il remarque une balle de revolver juste à côté : il la ramasse. Depuis le clocher de l'église, à côté de la cloche, le prêtre Vadole a tout observé. Il range un objet dans sa sacoche. Depuis un point de vue, le commandant Destremau observe le mouvement du navire allemand et il donne l'ordre de mener la Zélée au milieu de la passe pour empêcher l'ennemi d'y entrer. À bord les marins renâclent à exécuter l'ordre, mais un obus éclate dans la coque, et ils doivent abandonner le navire qui est déjà en plein milieu de la passe. Les allemands recommencent à canonner la ville. Mademoiselle Jeanne Drollet reste dans les locaux de la poste pour assurer les communications. Combaud se lance à la recherche de Mareta qui n'a pas reparue depuis deux jours.



Simon Combaud remonte la rue principale de Papeete et voit Tepairu en train de courir. Il la hèle pour lui demander si elle a vu Mareta, mais la vahiné ne s'arrête pas car elle ne l'a pas entendu. Il croise le peintre Octave Mordillot à la tête d'une dizaine d'hommes armés. À sa question, le peintre lui répond que les tahitiennes sont ainsi : indispensables et volages, des oiseaux multicolores et peureux. Un peu plus loin, Henry Lemasson voit le gouverneur William Fawtier s'abriter derrière un arbre. Il lui fait observer qu'ils sont en temps de guerre. Le gouverneur décide d'aller vérifier si tout le monde est à l'abri, et de s'y mettre par la même occasion, pendant que le directeur de la poste se rend au belvédère de la Mission. Le peintre entre dans la poste pour prévenir Jeanne que les lignes téléphoniques ont été détruites par l'incendie et qu'elle doit sortir du bâtiment car c'est dangereux. Elle s'exécute, et un obus détruit le bâtiment quelques minutes après. Hans et Max ont décidé de prendre un peu de hauteur en grimpant sur le toit de leur maison. Il observe que la poste vient de sauter, que la moitié du quartier chinois flambe, et que le café de René part en flammes. Max décide de redescendre pour prendre son appareil photographique. Dans les collines avoisinantes, Tepairu continue de s'enfuir en courant, interpelée par le curé Vadole qui lui court après.


Le lecteur revient pour connaître le fin mot de l'histoire, plus que pour découvrir la fin du bombardement de Papeete. En effet, les documents en fin du premier tome racontaient déjà dans les grandes lignes la durée du conflit, et les conséquences pour l'île. En retrouvant les personnages, il se rend compte que l'intrigue développée dans le premier tome comprenait plus d'un mystère : la nature de l'enquête de Simon Combaud, le meurtre de deux vahinés, et voilà que s'ajoute l'assassinat probable d'un asiatique anonyme. Effectivement le scénariste raconte une histoire policière dans laquelle l'enquête révèle bien des turpitudes. Une fois l'ouvrage terminé, il est possible de constater que l'intrigue ne se serait pas déroulée de la même manière si elle avait été située dans un autre environnement ou à une autre époque. Il s'agit bien d'un polar révélant au grand jour des caractéristiques de la société au sein de laquelle les meurtres se sont produits. Même si les dessins restent plaisant à l'œil du début à la fin, sans dramatiser la dimension spectaculaires des crimes ou la violence des comportements, les ignominies sont bien concrètes et hideuses.



Le lecteur revient également pour le plaisir de la narration visuelle. Les couleurs restent chaudes et douces, même pour les explosions et les incendies. Le lecteur peut sentir la chaleur dégagée par les flammes, et voir les décombres après les explosions, mais les formes les plus agressives sont celles des éclats d'eau. Même les onomatopées des explosions et de coups de canons sont réalisées dans une police de caractère dont les contours sont arrondis. Comme dans le premier tome, l'artiste soigne sa reconstitution et le lecteur accompagne les personnages dans différents lieux : le pont du cuirassé, la place centrale de Papeete, les zones herbues sur les flancs de la montagne, la forêt, les décombres de la ville, le faré du peintre, le lagon du côté du port, le commissariat, la boutique du photographe Max Bopp, la maison de Jeanne Drollet, une plage de sable blanc et la cellule de Combaud. Le lecteur éprouve bien la sensation d'exotisme qu'il y a à se retrouver dans cet endroit du globe. Il observe les tenues vestimentaires des uns et des autres, allant des habits soignés des européens, à des tenues plus décontractées pour certains hommes blancs, jusqu'aux simples paréos des vahinés. Une fois monté sur le toit, Max remarque que le quartier chinois est la proie des flammes. Le lecteur se dit alors qu'il aurait bien aimé que la bande dessinée lui donne une idée plus concrète de la population de la ville à cette époque, des différents quartiers, de l'urbanisme, des villes alentour. Effectivement le scénariste n'évoque pas du tout cet aspect de la ville, et les dessins ne les montrent pas. Du coup ce quartier chinois reste plus un concept qu'une réalité concrète.


D'un autre côté, les narrateurs savent également se montrer subtils. Ils évoquent régulièrement la liberté des mœurs des tahitiennes, sans pour autant représenter des scènes de sexe, ou les montrer dénudées toutes les deux pages. Les pages restent plutôt chastes, sans pour autant occulter ce plaisir de la chair rendus si facilement accessibles aux européens. Il en va de même pour d'autre sources de plaisir. Les auteurs ne s'attardent pas sur la pêche ou la navigation, en revanche le peintre propose une bonne petite pipe d'opium à Simon. L'époque n'est pas encore à l'industrie de masse du farniente sur les plages paradisiaques, et à nouveau deux personnages se promènent sur une belle plage de sable blanc, alors que la plupart des pages à Tahiti sont de sable noir. Il n'est pas non plus question de la richesse des lagons à contempler avec masque et tuba. Au fur et à mesure que Simon Combaud pose des questions pour faire avancer le dossier d'héritage dont il a la charge, il apparaît d'autres arrangements et trafics peu reluisants. À nouveau, les auteurs ne les montrent pas de manière explicite, ce qui n'enlève rien à leur caractère ignoble. Ils savent montrer la brutalité des bombardements, leur survenance brusque sans signe annonciateur, et leur fin tout aussi brusque, laissant derrière eux des ruines. Dans le même temps, les images montrent bien cette sensation que chaque jour ressemble au précédent, et sera le même le lendemain, incitant l'individu à un rythme tranquille, à relativiser chaque chose. Les traces du bombardement finiront bien par disparaître, la vie reprendra son cours sans beaucoup de changement, et le souvenir de cette nuit s'effacera rapidement.



Pourtant, au fur et à mesure que le clerc de notaire pose des questions, le lecteur peut prendre la mesure de la force des émotions chez les uns et chez les autres. Ainsi l'inéluctabilité de certains faits font sortir quelques individus de leur posture quotidienne : le curé Vadole et ses menaces de châtiment, le tenancier du bar et les raisons de sa venue à Tahiti ou plutôt de son éloignement de la métropole, la colère froide du gouverneur dont l'autorité et les agissements sont questionnés, etc. Le langage corporel montre la force de ces tensions souterraines, généralement anesthésiées par la vie tahitienne paisible. Petit à petit, sous la façade d'une vie quotidienne douce et sans heurts, d'autres facettes de cette société sont mises en lumière. Étrangement les hommes tahitiens restent les grands absents du récit, en revanche l'influence de la présence des blancs s'est immiscée insidieusement avec ces incidences néfastes. Les hommes de bien se retrouvent vite en butte aux réalités économiques, aux profiteurs et aux trafics, avec les maltraitances d'êtres humains indissociables. La vie dans un endroit paradisiaque calme les caractères, mais ne fait pas disparaître l'avidité et l'oppression. La soif des affaires est inextinguible.


Ce deuxième tome remmène le lecteur à Papeete en 1914, dans une reconstitution crédible, pour la fin de l'enquête. Les auteurs savent montrer les différents environnements et les personnages, en les rendant concrets, même si le lecteur aurait pu aimer un peu plus de profondeur de champ pour la ville. La narration visuelle s'avère douce et agréable, tout en sachant retranscrire la brutalité du bombardement, la sérénité induite par les lieux et le climat, mais aussi les émotions négatives qui peuvent resurgir, ainsi que les comportements d'oppresseurs. Le scénariste se montre tout aussi prévenant dans sa narration, avec une fin un peu lourde du fait de la forte densité de révélations à caser.



mardi 22 juin 2021

Papeete 1914 T1: Rouge tahiti

Un tableau est toujours plus beau par temps de paix.


Ce tome est le premier d'un diptyque, constituant une histoire indépendante de toute autre. La première édition de cet ouvrage date de 2011. Il a été réalisé par Didier Quella-Guyot, scénariste, et Sébastien Morice, dessinateur et couleurs, aidé par Sébastien Hombel du studio Makma pour les pages 20 à 48. La deuxième partie du récit se trouve dans Papeete 1914 T2: Bleu horizon (2012). Le tome se termine par une postface du scénariste expliquant que l'idée de cette histoire lui est venue en lisant un texte d'Émile Vedel, puis le livre Sur Mer - 1914 de Claude Farrère (1876-1957) & Paul Chack (1876-1945) comme matériau de recherche. Il explique qu'alors que le projet était en cours est paru Tahiti 1914 - Le vent de guerre (2009) de Michel Gasse. Puis viennent ensuite la reproduction d'un texte de Marau Taaroa, la reine de Tahiti, relatant la nuit des bombardements, un texte de Pierre Loti, une page d'explication sur les établissements français de l'Océanie et le rôle du gouverneur, et pour terminer quelques dates de l'histoire de Tahiti de 1876 à 1919.


Papeete, le premier août 1914, un voilier arrive dans le port, observé par des tahitiens sur leur pirogue à balancier unique, puis par les personnes présentes à quai, et par le curé, au-dessus du rideau à la fenêtre du café. Simon Combaud en descend, en chemise avec nœud papillon, costume noir, chapeau melon et pipe au bec. Dans le café, le curé annonce qu'il y a la guerre en Europe. René le patron lui demande comment il le sait, et le taquine car il n'y a même pas la TSF sur l'île. Est-ce un secret de confession ? Cette remarque fait rire tous les clients, et énervé, le curé indique que c'est un passager qui lui a dit, et que l'information a été confirmée par le quartier-maître de la Zélée. Combaud est entré dans le café et il demande une bière au patron. Le curé continue : il estime qu'avec l'ouverture prochaine du canal de Panama, l'île devrait être militairement bien équipée. Au lieu de cela, les autorités ont même désarmé la batterie du mont Faiere. Le patron en rajoute une couche en lançant une pique : le curé est juste jaloux parce qu'il n'a pas même pas été invité avec les gradés sur le Montcalm.



Sur le Montcalm, le capitaine discute avec un membre de son équipage. La situation est très tendue en Europe : un attentat dans les Balkans aurait mis le feu aux poudres, l'héritier de l'empire austro-hongrois et son épouse assassinés à Sarajevo. Mais c'était en juin, pourtant la France mobilise dès demain. Bon, d'un autre côté, ce n'est pas une petite guerre à 18.000 kilomètres qui va leur gâcher la soirée. Il laisse là cette discussion et invite une dame à danser, alors que s'ouvre le bal. À terre, dans le café, piqué au vif, le curé décide d'aller discuter avec le nouveau venu. Il lui demande ce qui l'amène, tout en supposant qu'il est venu pour les femmes, conséquence logique du livre du dandy efféminé. Son interlocuteur répond qu'il n'est pas venu pour ça, et demande au curé s'il a connu Pierre Loti. Le curé renchérit : que oui ! Ce romancier exotique a donné envie à des idiots de venir à Tahiti avec leurs dévergondages.


Difficile de résister à l'invitation de séjourner à Papeete avec les dessins de Sébastien Morice. Lui et Didier Quella -Guyot avaient déjà collaboré pour une bande dessinée précédemment : Boitelle et le Café des colonies (2010), l'adaptation d'une nouvelle de Guy de Maupassant. Par la suite, ils ont encore collaboré à deux reprises pour Facteur pour femmes (2015), et L'île aux remords (2017). La couverture promet une jolie vahiné, et le récit tient cette promesse. Le lecteur remarque la fluidité de l'eau, le motif du paréo, et les courbes de la dame. L'artiste n'a pas encore atteint le summum de la beauté fluide de ses albums suivants, mais ces planches dégagent une séduction irrésistible. Le lecteur commence par découvrir Simon Combaud dans son costume strict et il le plaint immédiatement de devoir le supporter en pleine saison des pluies, avec plus de 95% d'humidité. Il admire son maintien et son sérieux, et il sourit franchement en voyant qu'il ne résiste pas longtemps aux avances de Mareta, une belle vahiné. Il fait ensuite connaissance avec le curé, sa mine renfrognée, son embonpoint et sa soutane, blanche dans le civil, noire pour les offices religieux. Il sourit également devant sa mine sévère, manifestation de sa contrariété à ne pas pouvoir lutter contre la douceur paradisiaque de la vie tahitienne et des vahinés. René, le patron du café, fait montre également d'un vrai caractère, avec son embonpoint et son humeur changeante. Les différentes vahinés sont bien sûr à l'honneur, parfois dénudées, mais sans que le lecteur n'y voit une obsession des auteurs, juste une réalité des mœurs tahitiennes. L'artiste sait donner une personnalité visuelle à chaque personnage, avec des tenues particulières à chaque fois, pour le curé, pour les militaires, avec les motifs du paréo des vahinés, pour la reine Marau Taaroa, ou encore Max Bopp le photographe, mademoiselle Jeanne la postière.


Bien évidemment, le lecteur est également venu pour la dimension touristique du récit. Il ouvre donc grand les yeux, et profite du spectacle dès la première case de la première page, avec un motu (îlet) en fond de case, une belle eau pour l'océan, et une pirogue à balancier unique (va'a) en premier plan. Ça continue avec une vue de l'île depuis le lagon, avec ces montagnes si vertes. Puis en page 14, le lecteur peut admirer Raiatea dans une vue du ciel, avec son lagon. Il s'assoit ensuite en compagnie de Simon et Mareta sur une belle plage de sable blanc, un détail un peu surprenant du fait que la plupart des plages de Tahiti ont du sable noir. Il accompagne ensuite les mêmes personnages pour une balade en montagne, avec cette végétation luxuriante. La randonnée se termine sous l'eau d'une cascade bien fraîche. S'il a déjà séjourné à Tahiti, le lecteur reconnaît immédiatement le style des habitations. Éventuellement il aurait apprécié que l'artiste se montre plus descriptif en ce qui concerne la végétation si impressionnante dans sa vigueur, et que la ville de Papeete ne ressemble pas uniquement à quelques maisons éparses.


Bien que le niveau descriptif visuel puisse être un peu en deçà des attentes du lecteurs, la reconstitution ne s'arrête pas là. Le scénariste intègre des termes locaux à bon escient, sans perdre le lecteur : vahiné bien sûr, mais aussi tane (le pendant masculin de vahiné), métro (pour métropolitain), maori (peuple autochtone de Polynésie) et coprah (la noix proprement dite de la noix de coco). Il mentionne également différents quartiers autour de Papeete comme Arue, Pare, Faaa, Punaauia, et d'autres îles comme Tuamotu, Raiatea, Moorea. Il évoque également les différents explorateurs Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811), Jean-François de La Pérouse (1741-1788), Jules Dumont d'Urville (1790-1842), Abel Aubert du Dupetit-Thouars (1793-1864). Ces éléments associés aux dessins aboutissent à une reconstitution solide des lieux et de la société, inscrite dans l'Histoire. En outre, il fait également référence à Pierre Loti (1850-1923) et à son livre Le mariage de Loti (1882) qui raconte son voyage en Polynésie, et bien sûr à Paul Gauguin (1848-1903) et son installation en Polynésie de 1891 à 1983, puis son retour en 1895. Enfin, l'année du titre évoque forcément le début de la première guerre mondiale, et effectivement il est fait mention de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche-Este (1863-1914), mais aussi du passé au travers de la guerre de 1870/1871, et de la notion de la ligne bleue des Vosges.



De fait, l'histoire mêle deux fils narratifs : l'enquête de Simon Combaud qui reste très mystérieuse durant ce premier tome, et l'arrivée de deux croiseurs allemands Scharnhorst & Gneisenau en vue de Tahiti. Le scénariste développe l'organisation de la défense de l'île par le commandant Destremau. Le lecteur suit donc plusieurs personnages : ledit commandant, le clerc de notaire Simon Combaud, le curé et Mareta une vahiné. Au fil du récit, plusieurs thèmes sont évoqués. Bien évidemment, il y a un portrait des tahitiennes, aux mœurs légères, ou du moins dont l'activité sexuelle est régie par un autre code moral que celui de la métropole. Il y a les hommes blancs qui sont bien contents d'en profiter, et les tahitiens mâles sont presque absents du récit. Cela peut donner une image un peu naïve du bon sauvage, pas forcément facile à accepter. L'autre thème très prégnant est celui de la guerre qui fait irruption dans ce paradis terrestre. Quella-Guyot entrecroise les réactions de plusieurs personnages. Le commandant Destremau fait observer qu'être militaire, c'est prévoir les risques, et c'est presque toujours pour rien. Le peintre Octave Morillot s'engage dans les volontaires pour défendre Papeete, car un tableau est toujours plus beau par temps de paix. Le curé n'entretient pas non plus d'illusion : en temps de guerre, personne n'a jamais pu compter sur Dieu. Le récit met en évidence la réalité des affrontements, la destruction, les morts, et les traumatismes des hommes au combat (au travers de René qi a fait la guerre de 1870).


Alléché par la couverture, et peut-être parce qu'il a déjà apprécié d'autres œuvres de ce tandem, le lecteur se lance dans cette bande dessinée, en se disant qu'elle doit se dérouler à Tahiti, et que les images seront superbes. L'artiste ne le déçoit pas, bien au contraire, et c'est un grand plaisir de bout en bout que de se projeter dans cette ville et ses alentours, de côtoyer des individus plausibles et attachants dans leurs imperfections. Il découvre un récit à plusieurs facettes, entre enquête, entrée en guerre, et rencontre de deux cultures.