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jeudi 30 avril 2020

Caroline Baldwin Tome 14 : Free Tibet

Que j'aimerais être plus vieille d'une semaine.

Ce tome fait suite à Caroline Baldwin, Tome 13 : La Nuit du grand marcheur (2007) qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu avant. La première édition date de 2010 et il est repris dans Caroline Baldwin Intégrale T4: Volumes 13 à 16. Il a été réalisé par André Taymans pour le scénario, les dessins et l'encrage. La mise en couleurs a été réalisée par Thierry Wesel. Cette aventure comprend 44 planches.


Quelque part sur une pente enherbée, non loin de l'Everest, Caroline Baldwin est en train de faire le point avec Max qui consulte une carte, pendant que le sherpa et le porteur attendent les instructions. Max estime qu'ils devraient bientôt rejoindre l'autre groupe, sous réserve de ne pas être pris comme cible par des tireurs népalais. Un mois plutôt, Caroline Baldwin retrouvait Roxane Leduc au pied de la fontaine Bethesda dans Central Park. Baldwin a enfin pu revenir aux États-Unis, du fait de l'alternance politique à la tête de l'état, avec l'arrivée de la présidente Kristin Wallace. Roxane propose qu'elles aillent prendre un verre chez Allan, un barman de leur connaissance qui s'est installé à New York. Une fois sur place, elles entament une partie de billard, puis vont s'asseoir pour siroter un bourbon. Roxane Leduc finit par expliquer ce qui la travaille à son amie : elle milite pour le Tibet libérée du joug chinois, et elle a décidé d'accompagner une expédition qui va essayer de planter un drapeau tibétain au sommet de l'Everest, le jour où la flamme olympique doit y arriver.

Caroline Baldwin tente de décourager sa copine, mais sans succès. Roxane lui remet une enveloppe avec le parcours qu'elle compte suivre, au cas où il lui arriverait malheur. Dix jours plus tard, Caroline Baldwin se fait accompagner par l'inspecteur de police Philips pour se rendre à rendez-vous dans la chambre 112 d'un motel, fixé par un individu qui en sait long sur elle. Elle monte seule dans la chambre, Philips lui ayant remis un revolver avant. Elle est accueillie par Max, un agent de la CIA qui lui explique qu'il est essentiel d'intercepter Roxane Leduc et ses compagnons avant qu'ils ne réussissent dans leur projet de protestation parce que ledit groupe a été infiltré par un mercenaire à la solde d'un puissant lobby industriel prochinois qui doit tout faire pour que le projet n'aboutisse pas. L'agent indique que le tueur n'hésitera pas à apporter une solution définitive et mortelle. Caroline Baldwin n'accepte de communiquer l'itinéraire de son amie que sous réserve de faire partie de l'expédition de sauvetage. En vol, Max présente les autres membres du groupe de Roxane : Ted Chirabia, Chris Bourbon, Ben Jabot, John Erwin, Andrew Roberts. L'un d'entre eux est le tueur potentiel.


Ce n'est pas la première fois que Caroline Baldwin s'aventure au Népal : elle avait y avait déjà séjourné dans Caroline Baldwin, tomes 9 : Rendez-vous à Katmandou (2003). Cette fois-ci, elle n'est plus en fuite, suite à une histoire d'espionnage qui a mal tourné : elle y va pour aider une copine. André Taymans ouvre son récit avec ce qu'il sait faire de mieux : rendre compte d'un paysage, avec l'émotion associée. Il sait rendre intéressants un tas de cailloux et de sommets enneigés, semblables à beaucoup d'autres. Il dessine d'après ses propres expériences de montagne, y compris dans cette région du monde. Le lecteur se rend compte qu'il peut se projeter aux côtés des personnages, et imaginer se trouver à cet endroit. Il voit leur tenue adaptée au climat : chaussures de marche, pantalon de grande randonnée, blouson protégeant du vent et du froid, lunettes adaptées à la haute montagne, avec les petites protections sur le côté. Il regarde autour de lui : les formations rocheuses, le chemin de terre, l'herbe rase. De la planche 18 à la planche 44, il suit en alternance l'expédition du groupe de Caroline Baldwin, et celle de Roxane Leduc. L'artiste se montre aussi bon metteur en scène que descripteur.

Le lecteur ne s'ennuie pas un seul instant à regarder les paysages : lac encaissé dont on devine que l'eau doit être bien froide, sensation d'isolement total, effort à la montée qui fait qu'on enlève son blouson pendant l'effort, descente prudente alors que les cailloux roulent, lambeaux de nuage, murets de pierre, grandes étendues qui semblent interminables, vue imprenable à chaque franchissement de col ou de sommet, vallées encaissées, déséquilibre provoqué par la combinaison de la fatigue et d'une pierre qui roule, ambiance lumineuse unique, augmentation progressive des parties enneigées. L'intensité de l'immersion augmente progressivement et discrètement : l'évolution du terrain et sa variété n'apparaît que dans les images, sans qu'aucun personnage n'attire l'attention dessus en commentant une caractéristique ou une autre. André Taymans raconte la randonnée presqu'incidemment par rapport à l'intrigue. Le lecteur peut ne prêter aucune attention consciente à ces éléments, par exemple le fait que les personnages sont habillés de plus en plus chaudement, mais cela participe de manière subliminale à l'intrigue. Même s'il n'y fait pas consciemment attention, l'esprit du lecteur intègre le fait que les conditions de randonnée se durcissent au fil des pages.


Du fait du nombre de pages consacrées à la randonnée, André Taymans ne montre que quelques autres paysages. Il reproduit avec fidélité la fontaine Bethesda dessinée par Emma Stebbins en 1868 et inaugurée en 1873. Il retranscrit bien également la sensation d'espace ouvert quand le touriste la découvre en contrebas dans Central Park. Le nouveau bar d'Allan est accueillant avec ses fauteuils profonds et confortables, et agréable car pas bondé à cette heure de la journée. Le rendez-vous au motel permet de retrouver l'architecture typique de ce genre d'établissement : deux étages, l'accès aux chambres par un escalier extérieur qui donne sur une partie commune à l'air libre qui dessert les chambres. En décalage avec le mobilier bon marché, ainsi que l'aménagement strictement fonctionnel. Enfin le lecteur passe quatre pages avec Caroline Baldwin dans une petite ville du Népal, à la fois à marcher dans les rues, à la fois chez l'habitant et à l'hôtel, pour recruter des sherpas. À nouveau, il peut constater que l'artiste représente les rues, les façades et le quartier en prêtant attention à l'urbanisme local, à l'opposé d'un décor générique vaguement exotique, déconnecté de toute réalité.

Le titre annonce un album politiquement engagé. Planche 4, Roxane Leduc parle du joug chinois qui père sur le Tibet, mais sans détailler la nature de ce joug, la gestion politique du Tibet par la Chine, et les méthodes utilisées pour faire régner l'ordre. Planche 8 & 9, l'agent Max évoque les intérêts économiques de certaines entreprises, ainsi que la politique extérieure de la nouvelle présidente des États-Unis, mais sans non plus approfondir la question. Planche 21, quelques traits représentent une patrouille militaire chinoise, six silhouettes très vagues de 3 millimètres de haut au fond d'une case. Enfin planche 40, il est question de l'ethnie Khamba d'un des porteurs. Avec un tel titre tel que celui de Free Tibet, le lecteur s'attendait à ce que l'auteur se livre à une prise de position plus développée, plus étayée. De ce point de vue-là, il en est pour ses frais : l'histoire ne se transforme pas en tribune de dénonciation de l'oppression d'un peuple, et aucun nom n'est donné, ni aucune date. Le scénariste s'en tient à son intrigue : démasquer et neutraliser le tueur dans l'équipe de Roxane, avant qu'il ne puisse frapper. Du coup, les quatre dernières pages tombent un peu à plat en développant le sort d'un personnage qui n'a pas été développé, qui se bat pour une cause qui n'est pas incarnée, qui effectue un geste que l'auteur veut lourd de sens, mais dont la portée émotionnelle en devient très faible, voire inexistante.


L'horizon d'attente du lecteur comprend également une enquête de type policière, ainsi que de côtoyer Caroline Baldwin. Le scénariste construit son récit sur le principe d'une course–poursuite se déroulant à vitesse réduite : à pied, en marchant, avec un fort dénivelé. Le lecteur accorde peu d'importance au fait de découvrir si Caroline Baldwin et Max rattraperont Roxane Leduc et son groupe avant qu'ils ne mettent leur plan à exécution ou après. En effet, Taymans présente bien les 5 autres membres du groupe dans la planche 10, avec leur nom et leur métier. Mais finalement ils ne disposent que d'un seul trait de personnalité au cours de l'expédition, et ils n'évoquent ni leur passé, ni leur motivation : ce n'est pas un polar psychologique. Le lecteur se rend également compte qu'il n'attache pas beaucoup d'importance à savoir qui est le traître, ce qui diminue d'autant l'intérêt de la scène d'explication en deux pages, même si les paysages restent magnifiques en arrière-plan.

Le titre de ce quatorzième album sonne comme un cri politique, une exhortation à l'indignation et à l'action. Le lecteur découvre une enquête de type policière qui prend la forme d'une expédition pour accéder à l'Everest, par deux groupes distincts, l'un poursuivant l'autre, au rythme de la marche ascensionnelle. Finalement, l'atteinte de l'objectif des manifestants devient vite secondaire, ainsi que l'identité de mercenaire. Il reste par contre une randonnée extraordinaire sur le toit du monde.


mardi 23 juillet 2019

Caroline Baldwin, tomes 9 : Rendez-vous à Katmandou

La solitude a tendance à me faire tout dramatiser.

Ce tome fait suite à
Caroline Baldwin, tome 8 : La Lagune (2002) qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu avant. La première édition date de 2003 et il est repris dans Caroline Baldwin Intégrale T3: Volumes 9 à 12. Il a été réalisé par André Taymans pour le scénario, les dessins et l'encrage.

Cela fait 3 semaines que Caroline Baldwin se trouve à Katmandou et qu'elle en arpente les rues. Elle va contempler le Stupa de Bodnath au temple Swayambunat, tout en pensant à sa maladie et au fait que qu'une personne va bientôt la rejoindre, tout en ayant conscience de dramatiser la situation du fait de sa solitude. À l'aéroport d'Austin au Texas, le professeur Chapman se fait héler par 3 agents du FBI qui l'emmènent à l'écart alors qu'il s'apprêtait à embarquer. Ils le rassurent sur le fait que son avion ne décollera pas sans lui. En fait, c'est une autre personne qui embarque sous le nom de Chapman : l'agent Gary Scott. 2 jours plus tard, ce dernier s'entretient avec l'ambassadeur des États-Unis à l'ambassade même de Katmandou. L'ambassadeur s'enquiert de sa santé : Scott répond qu'il se remet doucement de sa blessure. L'ambassadeur l'informe ensuite que sa valise est restée à Austin, mais qu'une consœur va lui apporter : Julia Peterson. Enfin, pince-sans-rire, il lui demande de ne pas mourir sur son secteur.

Le soir même, Gary Scott retrouve Caroline Baldwin dans un restaurant à l'étage dans un autre quartier de la ville. Il lui indique qu'il est là pour une mission, que sa valise est restée à Austin, et que c'est Julia Peterson qui va lui amener. Cette dernière est à Austin en train de fouiller ladite valise : elle y trouve un caleçon avec un motif de petits cœurs, des préservatifs et les médicaments de Caroline Baldwin. À Katmandou, Scott & Baldwin rentrent à l'appartement de Caroline, celle-ci étant très inquiète de ne pas avoir pu suivre son traitement depuis plusieurs semaines. Scott finit par la quitter pour aller accomplir sa mission, en lui intimant de rester là où elle se trouve jusqu'à ce qu'il reprenne contact avec elle. Caroline Baldwin décide d'aller vider quelques verres dans un bar. Alors qu'elle refuse de partir à l'heure de la fermeture, la propriétaire vient papoter un peu avec elle ; elle s'appelle Roxane Leduc. Julia Peterson est arrivée à Katmandou : dans la voiture en revenant de l'aéroport, elle explique à Gary Scott qu'elle va rester pour l'accompagner dans sa mission et quelle joue le rôle de la femme du professeur Chapman. Plus tard, alors qu'ils marchent dans la rue, elle l'embrasse fougueusement pour jouer son rôle, sans avoir conscience que Caroline Baldwin les épie.


Arrivé au neuvième tome, le lecteur connaît le principe de la série, et même attend qu'elle s'y conforme : l'auteur raconte une enquête de son héroïne, en nourrissant le récit de ses propres visites touristiques. Effectivement, il a effectué un trekking à Katmandou et dans la région en 2001, en compagnie de sa femme et d'un guide. Le lecteur le ressent immédiatement avec les 3 pages de la scène introductive où Caroline Baldwin déambule dans les rues de Katmandou, et le lecteur éprouve la sensation de regarder les photos souvenir de Taymans, avec les lieux touristiques inévitables à commencer par le Stupa de Bodnath au temple Swayambunat (temple des singes). Le flux de pensées de Caroline Baldwin s'avère assez détaché du lieu où elle se trouve : elle remarque bien qu'elle connaît le quartier par cœur, mais elle est entièrement préoccupée par les circonstances de sa situation. Elle pourrait se trouver dans une autre partie du globe, cela n'aurait pas plus d'incidence sur ses pensées. Du coup, cette première scène donne la sensation au lecteur de plus être dans l'album souvenir d'un touriste que dans un récit dont l'histoire définit les lieux. Cette sensation revient lorsque Gary Scott & Julia Peterson déambulent dans les rues de Katmandou, lors du rendez-vous sur le Dubar Square de Nhaktapur et pendant le trek au départ de Dhunche, et le second trek vers la rivière Trisuli.

D'un autre côté, ça reste toujours aussi agréable d'accompagner l'avatar de l'auteur dans ses déplacements touristiques. Le trait de Taymans est toujours aussi assuré et juste, avec un haut niveau de détails, tout en restant lisible. Ainsi sur la première page, le lecteur découvre 7 cases, comprenant toutes des paysages urbains de Katmandou. Le lecteur voit bien qu'il s'agit de photographies de l'auteur qu'il a redessinées. Il peut donc contempler par ses yeux ce qu'il a vu, se projeter sur place avec une part de ressenti par procuration. La nature descriptive des dessins en fait un reportage, de lieux croqués sur le vif, avec les usagers de la voie publique du moment. Du coup, il n'y a pas l'impression de feuilleter un album de souvenirs figés, mais bien une sensation de déambuler dans des endroits vivants, habités, dont la succession est rendue cohérente par le déplacement de l'héroïne. Cette immersion est encore plus immédiate lorsque que Gary & Caroline se retrouvent pour prendre un verre. Même s'il a encore plus l'impression de suivre André Taymans que Caroline Baldwin lors du trek à partir de Dhunche, la beauté des paysages, les cadrages choisis par l'artiste, les traits un peu secs et un peu appuyés par endroit rendent tellement bien l'impression donnée par le milieu naturel que le lecteur fait fi de ses premières réticences car il voit bien que la marche a un effet sur l'état d'esprit de Caroline et Roxane, que la première est très impressionné par le passage sur une chemin de planches à flanc de falaise, avec la sensation pour le lecteur d'y être vraiment. Du coup, il se rend compte qu'il est maintenant vraiment dans l'histoire, comme les personnages sont vraiment en relation organique avec leur environnement, et il apprécie de pouvoir faire une dernière marche un peu sportive du fait dénivelé, avec Scott et Peterson.


Malgré l'impression initiale de coller artificiellement à un dispositif narratif (placer l'héroïne dans un lieu touristique), le lecteur se souvient bien de la raison pour laquelle Caroline Baldwin se retrouve là : elle est toujours accusée de meurtre aux États-Unis, et elle n'a plus de papiers d'identité. Avec la deuxième séquence, celle à l'aéroport d'Austin, le scénariste introduit l'enquête de ce tome de manière incidente. L'auteur sait faire en sorte que Baldwin se retrouve au milieu d'une nouvelle affaire, de manière organique : du fait de son histoire personnelle, elle a côtoyé un agent secret qui vient la retrouver (pour une raison personnelle) en profitant de l'opportunité d'une mission qu'il a lui-même sollicitée. Le déroulement de l'intrigue repose à la fois sur la nature de la mission, et sur la personnalité des protagonistes. Il ne s'agit pas de héros d'aventure interchangeables. Le caractère de Caroline Baldwin lui fait prendre des décisions qu'un autre n'aurait pas prises. Gary Scott a un caractère bien trempé, et ses propres objectifs et priorités, ce qui dicte sa conduite. Le comportement de Julia Peterson reflète également sa personnalité et sa façon d'envisager ses missions, sa volonté de les accomplir conformément aux ordres reçus. Le lecteur est forcément décontenancé en découvrant la raison pour laquelle la CIA veut retrouver Tom Cusack, car elle semble sortie d'un chapeau. Dans une interview, André Taymans explique que c'était sa volonté de surprendre ainsi le lecteur par une référence à une affaire réelle sans rapport.


Dans ce tome, l'auteur insère d'autres références de différentes natures. Comme dans l'histoire précédente, André Taymans évoque des événements des précédents tomes : la blessure de Gary Scott dans Caroline Baldwin, Tome 7 : Raison d' État, la précédente rencontre avec Julia Peterson dans Caroline Baldwin, n° 2 : Contrat 48-A, ou encore l'inclusion de Roxane Leduc, héroïne d'une autre de ses séries Les tribulations de Roxane. S'il y prête attention, au détour d'une rue de Kamantdou, le lecteur reconnaît un autre personnage Jonathan (jeune voyageur suisse amnésique) de Cosey (Bernard Cosendai). L'intérêt de l'intrigue ne se situe pas dans cette forme de continuité interne de la série. Outre le mystère très surprenant relatif à Tom Cusack, le lecteur prend plaisir à retrouver Caroline Baldwin et son caractère pas toujours facile, et à prendre des nouvelles de sa santé, sa maladie ayant une incidence directe sur sa situation, en particulier l'approvisionnement en médicaments pour son traitement. Sa séropositivité n'est donc pas un simple truc destiné à attirer l'attention sur la série, mais bien une réalité de sa vie qui a des conséquences. Dans un même ordre d'idées, la relation entre elle et Gary est impactée par la situation personnelle de Caroline et le métier de Gary Scott. En cela, sa mise en scène est de nature adulte, plutôt que romantique, et d'ailleurs le lecteur sourit régulièrement en les voyant se prendre le bec pour des raisons concrètes, scènes très vivantes grâce à une direction d'acteurs naturaliste et expressive. Il prend pleinement conscience qu'il s'intéresse d'abord à Caroline Baldwin en tant que personne, ce qui n'était pas forcément le cas au début de la série où l'intrigue primait sur la personne, ainsi que les éventuelles scènes dénudées. 

L'ouverture de ce tome déconcerte de prime abord, car le lecteur constate qu'André Taymans privilégie ses souvenirs de vacance. La lecture déstabilise le lecteur du fait de la nature du secret détenu par Tom Cusack. Il lui faut prendre un peu de recul pour reconnaître honnêtement que la dimension touristique est toujours aussi réussie, avec des dessins en apparence faciles, mais en fait très détaillés et transcrivant un point de vue, c’est-à-dire la manière dont l'auteur regarde autour de lui. Au bout de quelques pages, le lecteur se rend compte qu'il se retrouve émotionnellement impliqué par la situation de Caroline Baldwin, son état d'esprit et ses réactions, et que finalement il y a bien interaction entre les personnages et leur environnement, qu'il ne s'agit pas d'un décor neutre, interchangeable avec n'importe quel autre.