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jeudi 1 mai 2025

Björk : Une femme islandaise

C’est l’arbre de l’endurance, de l’énergie, de l’espoir. Même dans les pires circonstances.


Ce tome contient une histoire complète de nature biographique, sur la chanteuse Björk, qui ne nécessite pas de connaissances préalables sur sa vie ou son œuvre. Son édition originale date de 2015. Il a été réalisé par Guillaume Lebeau pour le scénario et par Christelle Pécout pour les dessins et les couleurs. Il comprend cent-quatorze pages de bande dessinée.


En 2014, un ours polaire sur un bloc de glace traverse la mer de Norvège, allant vers l’Islande. Dans la maternité de Reykjavik, la sage-femme enjoint de pousser à Hildur Rúna Hauksdóttir. Ce dimanche 21 novembre 1965, cette dernière éprouve la sensation d’être un volcan, une terre en formation, elle entre en éruption. La sage-femme lui demande de se concentrer et d’arrêter de délirer, voici le bébé. C’est une fille et elle est en pleine forme. Le père est dans la salle d’attente et il n’entend pas le téléphone, il dort devant les informations : Une éruption sous-marine débutée fin octobre à un kilomètre de Surtsey est en train de donner naissance à une île. La sage-femme vient le chercher et lui indique que tout le monde est en parfaite santé. Sa femme lui propose le nom de leur fille : Björk, le bouleau. Elle est jolie, et aussi rare que les arbres islandais. Le boulot, c’est l’arbre de l’endurance, de l’énergie, de l’espoir, même dans les pires circonstances. Le père accepte, va pour Björk Gusdmundsdóttir, la fille de Gusdmundur.


En 1967, dans un appartement de Reykjavik, Hildur prépare un repas, alors que sa fille est dans une chaise haute. Son mari revient à a maison, et explique qu’il avait beaucoup de boulot. Elle lui indique que Björk a encore pleuré toute la nuit, la pauvre, que, elle, Hildur, n’en peut plus de rester à la maison, cuisiner, se faire belle en attendant le retour de son mari, ce n’est pas elle. Elle veut partir, le quitter. En novembre 1968, la mère de Gusdmundur lui rend visite : elle voit Björk en train de jouer du piano. Le père explique qu’elle a entendu une fois cet air à la radio et qu’elle arrive à la jouer en se souvenant des paroles, c’est incroyable. La mère indique que c’est une chanson de la Mélodie du bonheur, et qu’elle adore cette comédie musicale, et que Björk aussi visiblement. Puis ils évoquent le départ le départ de Hildur : son mari dit que son père était très dur, il pense qu’il la battait. Il sait que lui est un électricien pragmatique, et que sa femme a besoin de se sentir libre, du coup ils se sont séparés, ils refont leur vie. Il pense que leur fille Björk sera le fruit de leurs différences : elle aura la liberté que sa mère n’a pas eue. Novembre 1968, dans le bus, la fille et le père discute, sur le fait que l’Islande est un petit pays, sur le fait qu’il n’a pas de voiture. Björk décide de faire un spectacle dans le bus en jouant de la flute. Elle déclare aux autres passagers qu’elle va jeter de la couleur dans leur vie. 1970, Hildur s’est remariée, elle et sa fille, avec des amis, vont faire voler des cerfs-volants. Björk discute avec sa mère, lui demandant si on est libre d’aimer qui on veut et autant de fois qu’on veut. Sa mère lui répond qu’on est libre comme le vent.


Une biographie d’une artiste musicale extraordinaire, une Islandaise auteure-compositrice-interprète, actrice, productrice, ayant réalisé des albums remarquables dans des registres comprenant musique électronique, electronica, musique alternative, musique expérimentale, pop, art pop, avant-pop, rock alternatif, new wave, trip hop, musique folk, jazz, musique contemporaine, musique concrète. La biographie débute avec sa naissance et s’arrête le 21 mai 2000, lors de la séance de remise des prix du festival de Cannes, puis de la conférence de presse avec l’intervention de Lars von Trier et de Björk, pour la Palme d’Or et le prix d’interprétation féminine pour Björk. La suite de la carrière de l’artiste n’est pas abordée : cette biographie s’arrête avant Vespertine (2001). Le sous-titre s’avère explicite : une femme islandaise. Les auteurs évoquent la vie de l’artiste aussi bien sous l’angle de sa vie personnelle, que de sa vie professionnelle, en intégrant ses origines socio-culturelles, et en particulier son pays de naissance, ainsi qu’un pan de son histoire. Ainsi le lecteur peut être déconcerté par la prise de position explicite de Björk concernant les Danois à l’occasion de sa collaboration avec Graham Vernon Massey, britannique, producteur de disque, musicien, remixer, elle lui dit qu’elle est l’héritière de mille deux cents ans de gènes insulaires qui lui disent qu’elle se doit de lutter contre des ennemis largement plus grands qu’elle.



Lors de cette conversation, Björk continue en s’adressant à son producteur : Il peut la définir en un mot, Islandaise. Elle a l’énergie des gens de son pays, une foi en ses moyens et un optimisme à tout épreuve. En Islande, on ne s’apitoie pas sur son sort. On ne connaît pas ça, on va de l’avant. Tout du long, la narration visuelle donne voir différentes facettes de ce pays, qui comptait entre deux cent mille et deux cent cinquante mille habitants à la naissance de Björk. La première vue en extérieure correspond an voyage en bus : un temps un peu gris, de la neige, un fjord. Les fins traits encrés détourent des contours simplifiés, tout en s’inscrivant un registre descriptif et réaliste. Le lecteur n’est pas bien sûr de pouvoir identifier les modèles de voitures ou du bus, en revanche les habitations présentent des caractéristiques spécifiques à cette région du monde et à cette époque. Par la suite, il peut admirer ou se projeter en bord d’océan pour faire voler des cerfs-volants, autour d’un poêle à bois pour une soirée. Il court avec Björk dans une prairie verdoyante et s’arrête avec elle pour contempler les fleurs. Puis dans la séquence suivante, il est frappé par le contraste avec la lave et les projections de scorie lors de l’éruption du l’Eldfell qui a commencé en janvier 1973, et se poursuit en février de la même année, ravageant une partie de l’île d’Heimaey. Le journaliste télé explique que désormais la lave se dirige vers le nord-ouest, en direction des habitations. Il poursuit : les autorités ont décidé d’arroser le front de la coulée pour figer la lave, la ralentir et édifier ainsi une barrière naturelle. Selon les experts, six millions de mètres cubes d’eau seront nécessaires pour permettre de solidifier vingt mille mètres cubes de lave par heure. Le lecteur peut également voir un ours sur une rive, une usine d’embouteillage, un port de pêche, une usine de poissons, et bien sûr plusieurs lieux dédiés à la musique pour des concerts ou des enregistrements.


Ainsi l’incidence du lieu de naissance et du pays de Björk apparaissent clairement aux yeux du lecteur. Les échanges entre personnages en soulignent d’autres facettes : la petitesse du pays, la place des femmes dans ce pays et leur liberté (par exemple au travers de Vigdis Finnbogadóttir, présidente de l'Islande entre 1980 et 1996, au cours de quatre mandats successifs. Elle est la première femme au monde élue au suffrage universel direct à la tête d'un État), le ressenti de vivre dans un pays qui n’est pas le sien (quand elle s’installe en Angleterre, puis en Espagne), et incidemment le constat que nul n’est prophète en son pays (Ça l’énerve qu’en Islande les médias ne commencent à s’intéresser à son groupe qu’en réaction à son succès à l’étranger…). Le lecteur peut donc suivre la carrière musicale de l’artiste, depuis ce solo de flute dans le car en 1968, jusqu’à Selmasongs en 2000. Les dessins la montrent en train de jouer du piano devant sa grand-mère, en train d‘écouter le nouveau compagnon de sa mère jouer de la guitare, en train de voir le producteur mixer son premier album dans un studio de Reykjavik en 1977, en concert avec son premier groupe Tappi Tíkarrass, puis au sein de KUKL, en concert à l’étranger avec The Sugar Cubes et la couverture des deux magazines NME et Melody Maker, enregistrer son album Gling-Gló (1990) avec Tríó Guðmundar Ingólfssonar, et évoquer le morceau Bedtime Stories (1994) qu’elle a écrit pour Madonna. Les dessins ne parviennent pas complètement à rendre compte des tenues de scène de Björk, ni de l’interprétation surréaliste de (I can’t get no) Satisfaction, avec P.J. Harvey à Londres, à l’occasion de la cérémonie des Brit Awards.


Le récit montre à quel point il est impossible de séparer l’artiste de la femme. Il évoque aussi bien l’incident de février 1996 à l’aéroport de Bangkok où Björk s’en est prise à une journaliste non sans raison, que les collaborations avec Einar Örn Benediktsson, Graham Vernon, Jean-Baptiste Mondino, Michel Gondry, Nellee Hooper de Soul II Soul, le DJ, compositeur de musique électronique Goldie, Lars von Trier. Il met en scène la découverte d’un colis contenant un livre piégé à l’acide sulfurique, envoyé par un fan : Ricardo Lopez qui s’est tiré une balle dans la bouche, laissant huit cents pages de journaux intimes et des heures de journal vidéo, dont un enregistrement de son suicide, avec en fond sonore l’une des chansons de Björk. Manifestement, il n’a pas supporté sa relation avec l’artiste Goldie, un Noir avant tout selon lui. Au travers de ces trois composantes, origine islandaise, musique et vie privée, le lecteur voit se composer un portrait d’une grande cohérence, quant au caractère de l’artiste, à sa créativité, à son comportement et son inspiration.


Un beau défi que de brosser le portrait d’un artiste aussi atypique que Björk, sans égale. Les auteurs savent combiner une structure chronologique traditionnelle pour la dimension biographique, avec un regard sur la création de ses œuvres et l’évolution de sa carrière, au regard de ses origines, des spécificités sociales et culturelles de l’Islande. La narration visuelle reste dans un registre factuel, sans essayer de se mesurer aux univers foisonnant de cette créatrice hors pair et de ses collaborations. Le lecteur en ressort avec l’envie et la motivation de se confronter à nouveau à sa musique qui peut s’avérer exigeante.



lundi 12 juin 2023

Oum Kalthoum: Naissance d'une diva

Qu’est-ce qui explique une telle ferveur ?


Ce tome constitue une biographie tout public de la chanteuse Oum Kalthoum. Sa première parution date de 2023. Il a été réalisé par Chadia Loueslati pour les dessins, et Nadia Hathroubi-Safsaf pour le scénario. Il se termine avec trois pages consacrées à la présentation de son entourage (Cheikh Aboul al Mohammed, Zakaria Amhmed, Ahmed Mohammed Rami, Sadik Ahmed, Gamal Abdel Nasser, Hassan el Hafnaoui), un arbre généalogique (ses parents, son frère, sa sœur), deux pages recensant les décorations et distinctions reçues à travers le monde arabe par la chanteuse), une page consacrée à une aperçu de sa discographie, une page de bibliographie, expositions et documentaires, huit pages croquis et de recherches graphiques.


Paris, le treize novembre 1967, la journaliste Diane Moulins se rend à un concert à l’Olympia. Elle remonte la longue file de spectateurs, canalisés par des barrières de police, qui attendent pour pouvoir accéder à la salle de spectacle. Elle n’en croit pas ses yeux, du nombre de personnes dans la queue. L’un d’eux lui adresse la parole, surpris qu’elle ne sache pas qui est Oum Kalthoum, car c’est la plus grande chanteuse du monde arabe. L’astre d’Orient, la diva égyptienne. Elle parvient à entrer dans le bâtiment. Elle explique qu’elle est journaliste et qu’elle a été invitée par Bruno Coquatrix. Un monsieur à l’accueil lui indique qu’il va l’en informer. Elle rejoint la salle et s’assoit. Les musiciens en costume entrent en scène. Les applaudissements retentissent, fournis. L’orchestre entame la première chanson, et Oum Kalthoum fait son apparition, rejoignant lentement le micro, son mouchoir à la main. Elle entame la mélopée, et dans les spectateurs sont en extase, en transe même pour certains.



La représentation se termine sous des applaudissements nourris. Quelle performance ! Tenir trois heures sur scène avec seulement trois chansons. Chaque récital est unique. C’est la signature d’une diva. Diane Moulins fait la connaissance de Bruno Coquatrix qui lui confie que la réussite de ce soir n’était pas gagnée d’avance. Il y a trois jours, il n’avait pas vendu la moitié des billets, et aujourd’hui c’est plein à craquer. L’idée de ce spectacle lui a été suggérée par Charles de Gaulle lui-même qui a beaucoup d’admiration pour elle. Alors que la chanteuse sort sous le crépitement des flashs, la journaliste demande au directeur s’il pourrait lui organiser un entretien avec elle avant son départ. Le lendemain, elle pénètre dans la suite de Kalthoum à l’hôtel George V. Elle fait la connaissance de Sadik Ahmed, son imprésario, puis d’Oum Kalthoum elle-même. Tout le monde prend place dans le salon, avec une tasse de thé, et l’entretien peut commencer. À la question sur son succès, la chanteuse répond qu’elle ne triche pas et que les spectateurs le sentent. Elle est à eux totalement à chaque récital. Elle ne se cache derrière aucun artifice. Ils la reconnaissent comme une des leurs. Une femme du peuple ! Elle continue : elle est née en Égypte, un soir de ramadan à Tmaé, un village du delta du Nil, au nord du Caire.


Le lecteur peut être intimidé par la couverture austère de l’ouvrage, capturant bien l’identité visuelle de la chanteuse. Il ouvre le tome et entame sa lecture : il se rend compte qu’il s’agit d’une narration tout public emprunte de gentillesse, sans aspérité ou critique sur l’artiste, avec un niveau basique d’information. Pour autant les autrices ne donnent pas dans l’hagiographie. Elles s’en tiennent aux informations essentielles, factuelles, sans jugement de valeur, sans louanges. Elles ont opté pour une tonalité qui montre le chemin parcouru depuis le petit village et l’absence d’éducation, jusqu’à devenir une chanteuse en arabe à la renommée internationale. En quelque sorte, il s’agit d’un ouvrage de vulgarisation sur la vie d’Oum Kalthoum. Le lecteur ne doit pas s’attendre à une analyse de ses chansons, de l’évolution de son orchestre au fil des décennies, ou de ses prises de position politiques. Pour autant, l’ouvrage s’appuie sur un véritable travail de recherche. Il suffit de découvrir la première scène pour pouvoir apprécier la maîtrise du sujet par les autrices. Elles ont choisi la première prestation d’Oum Kalthoum dans un pays occidental, sa première date à l’Olympia (elle s’y est produite également le 15 novembre 1967). Elles ne mentionnent pas qu’elle a exigé du directeur, d’être l’artiste la mieux payée à jouer à l’Olympia, ni qu’elle a fait don de son cachet au gouvernement égyptien.



Après la très belle couverture, le lecteur découvre la narration visuelle des pages intérieures. Cela commence par une magnifique case occupant les deux tiers de la page, et montrant les toits de Paris, avec la tour Eiffel en fond. L’effet est magnifique avec des dégradés de gris pour différencier les surfaces contigües. La journaliste remonte la file d’attente, et le lecteur apprécie à nouveau la qualité esthétique des cases, tout en s’interrogeant sur l’exactitude de ce qui est représenté. Il remarque qu’un fois à l’intérieur de l’Olympia, les fonds de case perdent en niveau de détail, même si l’usage de camaïeux à base de nuances de gris produit des fonds du plus bel effet. Le lecteur continue de regarder les paysages et les environnements : d’autres toits de Paris très, très propres sur eux, un peu plus conformes à la réalité, la salle de réception de la suite de de la chanteuse au George V, très propre sur elle, le village Tmaé et ses rues en terre battue, un champ de coton, les jardins d’une demeure luxueuse, le train qui emmène la jeune adolescente au Caire, les pyramides du plateau de Gizeh, etc. Tout baigne dans une douce lumière, avec une sensation aseptisée et apaisée. Le lecteur se dit que d’un côté il éprouve la sensation d’évoluer dans des décors tellement nets qu’ils en deviennent factices, et que de l’autre côté, il comprend bien où se déroule chaque scène. D’un côté, il voyage dans ce wagon de train bondé ; de l’autre côté la largeur intérieure du wagon est peu plausible. Juste auparavant, il effectue un voyage en cariole (page 75) dont les rayons des roues sont d’une perfection géométrique et d’une finesse impossibles. Et dans le même temps, le niveau de détails de certains environnements est d’une densité impressionnante.


Les personnages produisent une autre impression : ils sont tous souriants, ou au moins gentils, mais aussi avec des caractéristiques physiques ou vestimentaires bien différenciées, permettant de les distinguer facilement. La ressemblance d’Oum Kalthoum est rendue avec justesse, ainsi que celle des autres personnalités connues. Dans un premier temps, le lecteur peut se dire que ces individus bienveillants semblent sortir d’un manga pour filles, mais en avançant dans sa lecture, il se dit que ce mode de représentation se rapproche plus des caractéristiques des dessins animés tout public des grands studios américains. Cependant la narration visuelle n’en devient pas mièvre ou naïve pour autant. Cette approche tout public, avec des décors créés à l’infographie et une douce luminosité qui nimbe tout, rend les pages très agréables à l’œil et accentue les moments délicats. Le lecteur suspend sa lecture à plusieurs reprises pour apprécier un visuel marquant : les cinq pages (douze à seize) du concert parisien d’Oum Kalthoum (une vraie diva : sa présence, ses gestes, son absence de retenue pour être tout entière pour son public), la très jeune Oum essayant de convaincre ses parents de l’envoyer étudier au kouttab (école coranique) avec l’innocence de l’enfance, la récolte du coton dans les champs, la représentation du chant du rossignol sous la forme de calligraphies arabes superbes, la suite d’une dizaine de petites silhouettes pour montrer Oum s’habillant en garçon en page quatre-vingt-un, Oum et Hassen el Hafnaoui se donnant la main sur une berge du Nil alors qu’ils viennent de décider de se marier, etc. La dessinatrice apparaît d’une belle sincérité dans sa narration visuelle.



En fonction de sa familiarité avec la chanteuse, le lecteur peut trouver l’ouvrage très léger, une présentation très sommaire, ou au contraire apprécier d’avoir ainsi un premier contact avec une dame à la vie hors du commun. Entre les deux, il peut regretter que les autrices ne développent pas la dimension musicale de son œuvre, son inscription dans la tradition et son intégration d’éléments modernes, ou même tout simplement la qualité de sa voix et sa capacité à transmettre les émotions dans ses interprétations. Il aurait bien aimé également en savoir plus sur ses engagements politiques. Dans le même temps, à voir ainsi se dérouler la vie d’Oum Kalthoum, il mesure l’exemple qu’elle a donné d’une femme émancipée, respectable, pouvant faire elle-même ses choix de carrière, apportant son soutien à l’indépendance de l’Égypte. Il découvre une vie rendue un peu lisse par les choix narratifs, impressionnante par le talent de la chanteuse, et par son implication dans la société.


La superbe couverture quelque peu austère ne doit pas effrayer le lecteur : à l’intérieur, il découvre une narration tout public, un peu lisse, très plaisante à l’œil, quelque peu édulcorée. Pour autant l’ouvrage remplit son office : une forme de vulgarisation de la vie d’Oum Kalthoum, permettant de découvrir son parcours, l’ampleur grandissante de sa renommée, la singularité de ses chansons en arabe, son implication dans la vie de son pays. Un ouvrage qui donne envie d’en savoir beaucoup plus et d’écouter l’astre de l’Orient.