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mardi 21 mars 2023

Super Cyprine - Une vengeance corrosive

À toutes les femmes en colère.


Ce tome contient une histoire complète indépendante de toute autre. Sa publication initiale date de 2022. Cette bande dessinée est l’œuvre de Tess Kinski, pour le scénario, les dessins et les couleurs. Elle compte cent quarante et une pages. En exergue, l’autrice dédie son ouvrage À toutes les femmes en colère.


La nuit, un bruit de pas le long d’un mur d’enceinte. Une femme aux cheveux rouge saute depuis le sommet du mur aux pieds de l’homme qui s’arrête. Elle lui mord le bas ventre, il hurle. Pendant l’adolescence de Cypry, tout se passait comme sur des roulettes. Elle était en première, elle avait de bonnes notes. Elle ne se droguait pas, elle buvait peu. Elle faisait du sport. Elle était plutôt raisonnable dans l’ensemble. Mais comme tous les ados de son âge, elle avait les hormones en feu. Ce jour-là, elle a rendez-vous avec Quentin au parc. Ils s’assoient tranquilles sur un banc à l’écart et commencent à s’embrasser et à se peloter. Elle lui propose d’aller chez elle, car il n’y a pas ses parents. À sa question, elle répond qu’elle est sûre qu’ils ne sont pas là, et sûre qu’elle veut qu’il vienne. Ils montent dans sa chambre et ils se déshabillent. Il commence à lui caresser le sexe, et elle se focalise sur le ressenti du plaisir que cela lui procure. Elle lui indique qu’il a des doigts magiques, sans se rendre compte qu’il se gratte la main après coup. Quelques jours plus tard, elle est en train de pianoter sur son téléphone et de se faire rappeler à l’ordre par son père sur ses devoirs. Elle lui rappelle qu’elle est la première de sa classe et répond en même temps à Josef qui l’invite à passer chez lui.



Cypry se rend dans la piaule de Josef, à la propreté douteuse. Il est son meilleur ami, même si les frontières de cette amitié ne sont pas claires. Il éteint la lumière, ils se déshabillent et s’allongent, et il lui fait un cunnilingus. Après coup, il éprouve une douleur dans la bouche et autour. Quelques jours plus tard, après l’entraînement, Cypry se change dans les vestiaires du club d’athlétisme au club de Saint-Corros, à côté de sa meilleure amie Sara. Elle lui raconte que ce week-end Nabil et elle vont au cinéma. Sara est un peu comme une grande sœur pour elle. La semaine d’après, Cypry voit apparaître un message de Sara sur son portable : il paraît que Nabil est à l’hôpital et ça a l’air grave. Cypry décide de lui rendre visite au Centre Hospitalier Universitaire. Elle se rend à la chambre de Nabil, mais ne peut pas y entrer car il est endormi sous perfusion avec un énorme bandage au niveau du bassin. En sortant, elle remarque que Josef se trouve dans une chambre un peu plus loin. Elle y pénètre et s’enquiert de sa santé. Il lui montre le bandage qui lui masque le bas de son visage. Il tape un message sur son téléphone. C’est Cypry qui lui a fait ça. Après qu’ils se soient vus, ses parents l’ont amené à l’hôpital car sa bouche s’infectait de plus en plus. Il a été gardé en observation depuis. Il a la peau brûlée et ils ne trouvent pas la cause.


La page de garde annonce explicitement le programme : une jeune femme accomplissant une vengeance corrosive grâce à sa super cyprine, c’est-à-dire les sécrétions des glandes de Bartholin ayant pour fonction de lubrifier le vagin. Au bout de dix pages, l’héroïne a eu trois rapports sexuels, et elle porte le joli prénom de Cypry, le lecteur se demandant à quoi devaient penser ses parents quand ils l’ont choisi. D’un autre côté, la narratrice précise qu’elle est à un moment de sa vie où elle avait les hormones en feu. La dynamique du récit est simple : un dérèglement hormonal ou physiologique a rendu corrosive la mouille de Cypry qui du coup ne peut plus avoir de rapports sexuels. En pleine première année de cours en faculté de médecine, elle décide de tout plaquer, de fuguer (encore que le terme est pour partie impropre puisqu’elle est adulte) et de monter à la capitale. Sur un coup de tête, elle décide d’entrer dans le cabaret Mademoiselle Joséphine à Pigalle. Elle y est recueillie par les artistes travestis ou homosexuels, qui l’engagent pour servir au bar, avec le très beau Jean, et qui lui offrent gîte et couvert. Outre ce superpouvoir peu commun, ce déroulement indique bien au lecteur que le récit ne se veut pas réaliste et qu’il est à prendre comme une suite d’aventures imaginatives.



Les dessins présentent une forme de naïveté : des contours un peu arrondis pour les personnages, des gros sourcils, des silhouettes parfois un peu malhabiles en particulier au niveau des pieds, des visages simplifiés, des postures théâtralisées pour plus d’expressivité, des yeux un tout petit peu trop grands. Pour autant, la dessinatrice sait donner une apparence bien distincte à chaque personnage : que ce soit sa silhouette, son visage, sa tenue vestimentaire. Elle fait preuve d’une certaine forme de gentillesse avec eux, mêmes les agresseurs apparaissent plus bébêtes que vraiment méchants, car Cypry les remet à leur place avec une répartie cinglante. Les costumes des performeuses et des performeurs sont chatoyants et exubérants. L’artiste prend le temps de poser chaque décor, en faisant apparaître sa profondeur, sa décoration, les éventuels accessoires, les preuves d’activité de ses occupants. Le lecteur observe plus une impression de parc qu’une vraie allée, de vraies pelouses ou encore des arbres dont il pourrait identifier l’essence. Pour autant, il n’y a pas de doute quant à la nature du lieu. La chambre de Cypry contient des objets personnels comme ses livres (King Kong théorie, 2006, de Virginie Despentes, 
Faut-il manger les animaux ?, 2009, de Jonathan Safran Foer) ses bijoux son agenda, son lit avec sa table de chevet. La chambre de Josef présente un désordre peu appétissant. Le stade ressemble à un stade avec sa piste, sa tribune, sa clôture. L’architecture du CHU semble être inspirée d’un véritable établissement. La tour Eiffel ressemble plus à un modèle en plastique vendu à la sauvette qu’à une vraie. Toutefois le lecteur la reconnaît aussi aisément que l’établissement Le Moulin Rouge à Pigalle.


En page trente-huit, Cypry pousse la porte du cabaret Mademoiselle Joséphine. Le lecteur se rend vite compte que cet univers plaît à la dessinatrice, voire qu’elle l’a peut-être fréquenté. Il est vrai que la probabilité que Cypry puisse ainsi y être accueillie est inexistante. Mais l’artiste prend plaisir à représenter les numéros de chant, le maquillage dans les loges, la camaraderie entre les performeuses et performeurs, le papotage au bar, et bien sûr les costumes extravagants. Au cours du récit, Cypry met au point son propre numéro pour se produire en scène : le lecteur en découvre la conception, le rodage, le choix des bons matériaux, le premier essai devant les autres artistes, l’amélioration du rythme, sans oublier la tournée triomphale qui s’en suit. Les personnages au sein du cabaret ne sont pas très développés, à l’exception de Jean dont Cypry est amoureuse, mais ils manifestent assez d’émotion pour exister.



La narration s’avère simple et linéaire, sans effet de style particulier. La quasi-totalité du texte est présenté sous forme de dialogues ce qui rend la lecture plus vivante et plus rapide. Aucun personnage ne s’arrête pour prendre le temps d’exposer un point de vue un peu plus longuement, ou une émotion. La scénariste met tout au service du récit au premier degré, sans essayer de caser des remarques féministes ou autres revendications activistes. Le personnage principal évoque à deux ou trois reprises le fait qu’elle souffre de ne plus avoir de contact charnel, mais sans que cela ne devienne un thème en filigrane. L’autrice semble plutôt s’amuser avec ce principe de fluide corrosif, pour le mettre à profit dans un numéro de cabaret. Cypry organise bien une vengeance sur un harceleur, mais le regrette rapidement car elle craint de l’avoir tué. Du coup, le cœur du récit se trouve ailleurs. Finalement cette jeune femme trouve une petite communauté, moins d’une demi-douzaine d’artistes qui l’accueillent sans poser de question, sans non plus qu’elle ne donne de nouvelles à ses parents. De son côté, elle est satisfaite d’avoir trouvé un nouveau foyer, elle en pince pour Jean également serveur sans pouvoir lui dire ce qu’il en est. À la moitié du récit, elle entend un performeur évoquer un ping-pong show et ce que parviennent à faire des femmes avec leur vagin. Elle a trouvé sa voie et elle va ainsi pouvoir réaliser un projet, aller de l’avant. Finalement elle peut vivre avec sa condition et envisager l’avenir, tout en donnant quelques petits coups de pouce à la tolérance, ou plutôt en mettant un terme à l’intolérance de quelques-uns.


La couverture promet une superhéroïne au pouvoir sortant de l’ordinaire, avec des dessins un peu naïfs. La promesse est tenue : une jeune femme dont les sécrétions sont corrosives et qui va parvenir à y trouver du positif. Pour autant, elle ne se coud pas un costume de superhéroïne et elle ne se met pas à lutter contre le crime de manière récurrente. La narration visuelle douce et un peu édulcorée permet d’éviter toute forme de voyeurisme malsain, même dans les quelques séquences explicites. Le lecteur suit avec plaisir cette jeune femme qui se retrouve dans une situation bien embarrassante et qui parvient à mettre à profit cette particularité physiologique peu commode.



jeudi 14 juillet 2022

Pigalle, 1950

C'est un niais, il fera l'affaire.


Ce tome contient une histoire complète, indépendante de toute autre. La première édition date de 2022. Il a été écrit par Pierre Christin, dessiné et mis en couleurs par Jean-Michel Arroyo. Il s’agit d’une bande dessinée en bichromie comprenant environ 124 pages. L’ouvrage se termine avec neuf dessins en double page représentant différents endroits de Paris en 1950 : le cinéma Gaumont-Palace 1 rue Caulaincourt, le Muséum d’histoire naturelle au Jardin des Plantes, le cirque Médrano 63 boulevard Rochechouart, les usines Citroën quai de Javel, le café de Flore 172 boulevard Saint-Germain, le parc des Buttes-Chaumont 1 rue Botzaris, les usines à gaz à la Plaine Saint-Denis, le Pont Royal vu de la passerelle Solférino, l’Île Saint-Louis et le Pont Louis-Philippe.


Dans les années 1980, par une soirée pluvieuse, Antoine, la cinquantaine, emprunte le funiculaire de Montmartre. Il sort de la cabine et va se promener dans le quartier, dans des rues qu'il a fréquentées, jusqu'à l'avenue Junot. Bien avant ce temps, il est parti à la fin de l’été, pile le jour de ses dix-huit ans. À part le petit cri de la buse qui le précédait, pas un bruit. Sa seule copine sur le plateau d’Aubrac, celle-là. Peut-être qu’elle avait compris qu’il s’en allait pour de bon ? Les autres gars du buron avaient du mal à y croire eux. Plusieurs années qu’ils étaient tous les quatre là-haut à fabriquer de la tome chaque été. Bouffer du lard rance et du pain rassis en buvant du lait sans jamais voir personne pendant des jours et des jours, ça leur allait. Comme il était le plus jeune de l’équipe, on disait le roul, il était chargé des cochons et des ordures. Mais tout ça, c’était fini pour lui. Fini.



Antoine monte à Paris, pour se rendre chez Alric, un cousin bougnat. Pas habitué aux chaussures que sa mère lui a payées à Rodez. Pas habitué à marcher sur du dur. Paris lui parait immense. Des endroits si différents en quelques centaines de mètres. Des gens faisant des choses bizarres. C’est plus tard qu'il a appris ce que c’était que des chandelles, des prostituées quoi. Des gens bizarres eux-mêmes. Hommes ou femmes ? C’est plus tard aussi qu'il a su comment on les appelait. Beaucoup de noms pour se moquer d’eux, en fait. Sur le boulevard, des animaux bizarres aussi. Les vaches et les cochons, il a vite compris qu’il n’y aurait pas que ça dans la vie. Des lumières tout aussi bizarres, il n’avait jamais vu ça, des néons on lui a dit. Il parvient rue Lepic, et trouve le café et le commerce de son cousin. Celui-ci l'accueille et lui montre sa chambre, au-dessus de l'écurie. Le boulot d'Antoine est de charger la charrette en boulets de charbon. Le lendemain, réveil à cinq heures, et première livraison à six heures à l'établissement La Lune bleue, un des plus gros clients, un des cabarets les plus connus de Pigalle. Fillette, la jument tirant la carriole, sait même y aller toute seule. Antoine fait comme demandé : charger la remorque, aller se coucher, et se lever à l'heure. Le lendemain, il entre pour la première fois dans ce cabaret, où il est accueilli par Poing Barre, l'aboyeur de La Lune bleue.


C’est l’histoire d’un jeune gars du Massif Central qui monte à Paris et qui fait son apprentissage de la vie dans le quartier de Montmartre, dans un milieu criminel. Le mode narratif tient un peu le lecteur à distance. La scène introductive se déroule dans les années 1980 : trois pages dont deux sans aucun mot, et la bande dessinée se termine avec une séquence de trois pages qui lui fait écho. Le scénariste commence donc par un dispositif qui indique que l’histoire se déroule dans le passé, qu’il s’agit d’événements révolus et déjà connus. Cela produit un premier effet de distanciation. La seconde scène dure cinq pages et est racontée par la voix d’Antoine âgé qui évoque son arrivée à la capitale : autre effet d’éloignement, car le lecteur ne vit pas en direct les événements. Les dialogues commencent donc en page 13, quand le jeune adulte se présente à son cousin. Cet effet de prise de recul se produit régulièrement, le scénariste repassant en mode commentaire du personnage principal plus âgé dans des cartouches pour apporter des informations supplémentaires sur ce que montrent les dessins. Cette sensation est encore accentuée par le parti pris de la mise en couleurs : une sorte de bichromie, faite de nuances de gris. En outre, sous ce gris, les dessins sont très propres sur eux : des contours adoucis pour les personnages, des décors propres et en bon état.



Cette sensation de détachement n’entame pas pour autant l’envie de lecture et de découverte. Le titre annonce clairement l’intention : une reconstitution de ce quartier de Paris à cette époque. Le lecteur constate tout de suite la qualité de la reconstitution historique visuelle. Bon, le funiculaire de Montmartre, les ruelles, les façades d‘immeuble, la ferme sur le plateau de l’Aubrac : bien dessiné, mais rien de très extraordinaire. La traversée de quelques quartiers en 1950, à l’arrivée à Paris : sympathique pour les tenues vestimentaires et les voitures. À partir de la page 13, Antoine s’installe au-dessus du café de son cousin, et là la reconstitution historique atteint un autre niveau avec la description du quotidien : les boulets de charbon à charger dans la charrette, la jument Fillette, la cabaret La Lune bleue au petit matin avec les tables pas encore débarrassées, les réverbères, le calorifère, les autobus de l’époque, les différents modèles de voiture de la traction avant à celle de la police, les usines à gaz en proche banlieue, une salle de billard, etc. Les auteurs emmènent également le lecteur à la basilique avec une superbe vue du ciel, et devant Le Moulin rouge, avec sa façade éminemment reconnaissable. Mais globalement ce n’est pas une reconstitution de nature touristique : elle se concentre plutôt sur les éléments du quotidien d’Antoine : en tant que livreur de charbon le matin, de spiritueux le soir, puis d’aide au cabaret, et enfin d’homme de confiance pour le patron de cet établissement.


Manquant parfois un peu de texture ou d’un détail concret comme la nature du revêtement de chaussée, les dessins génèrent parfois comme une vague impression de consistance insuffisante. Mais lorsqu’il regarde les neuf dessins en double planche après la fin du récit, le lecteur distrait prend conscience que les auteurs ne se sont pas contentés d’aller chercher quelques cartes postales d’époque pour installer un décor en toile de fond. Le scénariste a effectué des recherches plus approfondies sur le tissu socio-économique du quartier, et le rayonnement probable d’un individu comme Antoine, pour trouver à quels lieux cela correspondait. Ces derniers sont représentés de manière organique dans les planches, sans que l’artiste n’attire l’attention sur eux, mais bien présents et nourrissant le récit.



De la même manière, le scénariste donne l’impression de raconter une histoire toute simple, très linéaire, très facile à lire, sans beaucoup de consistance. Mais en y repensant, le lecteur peut lister les différentes composantes de la reconstitution historique : la vie sur le plateau de l’Aubrac, les bougnats, le cabaret et ses artistes, ainsi que sa clientèle hétérogène, les petits trafics et les plus gros, l’évolution des numéros de cabaret, l’évolution de la géopolitique et en particulier la situation en Algérie. À nouveau, le ressenti est assez étrange : entre une forme de détachement, et une sensation d’évidence, comme si l’auteur alignait des lieux communs. Toutefois c’est sa connaissance de l’époque qui lui permet d’aboutir à une narration qui coule de source, encore faut-il disposer de cette connaissance des faits et savoir la distiller de manière organique dans le récit, sans donner l’impression de passer en mode leçon d’Histoire. Du coup, le récit maintient l’attention du lecteur en douceur. Il n’y a pas de vrai drame, ou plutôt lorsqu’une mort survient, elle est présentée comme un simple fait, avec des conséquences émotionnelles très limitées. Une image montre les parents de Mireille, en tandem, fauchés par un bus. L’image d’après, leur fille affiche un regard attristé, mais c’est un souvenir déjà lointain et durant les années écoulées, elle a fait son deuil et trouvé comment gagner de l’argent pour pouvoir nourrir et s’occuper de sa petite sœur Blanche. C’est de l’histoire ancienne. Plus loin dans le récit, un gang de Corses entre dans La Lune bleue et ouvre le feu sur les clients et les employés, dans une séquence de cinq pages. La mise en scène du coup d’éclat montre bien la panique et les morts, à nouveau de manière plus factuelle qu’émotionnelle, ne touchant pas forcément le lecteur. Il n’y a pas de volonté de faire pleurer dans les chaumières, en exagérant pour toucher la corde sensible.


Pierre Christin & Jean-Michel Arroyo font revivre le quartier de la Butte Montmartre, en suivant la vie d’un jeune provincial monté à Paris, et s’intégrant progressivement dans le milieu, sans manier de flingue, sans commettre d’agressions. Les auteurs effectuent une reconstitution visuelle remarquable, en toute discrétion, et évoquent plusieurs facettes de cette époque, de ce milieu, également sans se reposer sur des artifices spectaculaires. Le lecteur suit bien volontiers Antoine, son premier amour, sa découverte du monde du cabaret, sa participation plus périphérique que directe aux affaires, sans pour autant être dupe des activités illégales du patron du cabaret et de sa bande. D’un côté, il apprécie cette narration pragmatique, sans romantisme ou cynisme artificiel ; de l’autre, il peut être décontenancé par ce rythme posé et presque tranquille.