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mardi 9 avril 2024

Urban: Schizo robot (5)

Tous les crimes de cet homme ont déjà été commis. Tu ne peux rien changer à tout ça.


Ce tome fait suite à Urban: Enquête immobile (4) (2017) qu’il faut avoir lu avant ; c’est le dernier tome de la pentalogie. Il faut avoir commencé par le premier tome, car il s’agit d’une histoire complète. Sa première publication date de 2021. Il a été réalisé par Luc Brunschwig pour le scénario, et par Roberto Ricci pour les dessins et les couleurs. Il compte soixante-douze pages de bande dessinée en couleurs. La série a bénéficié d’une réédition en intégrale en 2023, d’un format plus petit. Il comprend cinquante-huit pages de bande dessinée.


26 mars 2019, au siège du ministère de l’éducation, se tient une commission sénatoriale, sur un projet d’une série de dessins animés, destinée à lutter contre la violence juvénile, par cette forme de prévention. Jason O’Flaherty, conseiller à l’éducation pour le gouvernement du Massachussetts s’adresse à la créative venue présenter son projet. Il souhaite savoir pourquoi elle a fait le choix d’un héros d’origine amérindienne. Il estime que c’est un choix un peu curieux : les indiens d’Amérique ne représentent plus que 1% de la population de du pays, ça semble assez peu représentatif de la cible visée par le projet. La présentatrice demande s’il aurait peut-être préféré un héros blanc. Le conseiller indique blanc, ou afro-américain, ou même hispanique, un personnage correspondant davantage au public concerné. La demoiselle répond en exposant la logique de ce choix : il leur a semblé que l’un ou l’autre de ces choix risquait de disqualifier une des communautés citées, qui aurait pu ne pas se reconnaître dans ce héros. En revanche, toutes ces catégories admettent volontiers que l’Amérindien est le représentant parfait de toutes les violences et de toutes les injustices que des humains sont capables d’infliger à d’autres humains sur le sol américain. Un cocktail particulièrement révoltant que ressentent très fort les enfants défavorisés qu’ils veulent toucher à travers cette série de dessins animés. Faire de l’un de ces êtres malmenés et en colère un personnage qui exerce la justice plutôt que la vengeance a paru une bonne façon d’inviter tous ces gamins à davantage respecter les forces de l’ordre.



L’intervenante continue en racontant l’origine du héros. C’est un Cheyenne nommé Laughing Raccoon, son peuple lui a attribué ce nom parce qu’il est particulièrement habile de ses mains et toujours heureux de vivre. Et ce jour-là, Raccoon est plus heureux qu’il ne l’a jamais été : son premier fils vient de naître, quelques minutes à peine avant que le récit commence. Pour que sa compagne Héta puisse accoucher, ils ont dû s’arrêter en chemin alors que leur tribu poursuivait sa route vers le Sud et les terrains de chasse hivernaux. Une fois son fils venu au monde, le couple reprend sa route, Laughing Raccoon ayant facilement retrouvé les traces du passage de la tribu. Survient un détachement de soldats américains dont le commandant force Laughing Raccoon à les conduire à leur tribu, sous peine de tuer son fils. Une fois la tribu rattrapée, il s’en suit un carnage.


Dernier tome : le lecteur est partagé entre dévorer les pages pour savoir comment l’histoire se termine (Qui survit ? Qui gagne ?) et l’envie de savourer la fin de son séjour à Monplaisir. Il s’est habitué à la structure du récit et il se doute que la ligne temporelle du présent du récit, en 2059, sera entrecoupée de retours en arrière pour révéler des faits et des actions qui expliquent certains comportements bizarres (celui de Julia Buzz, la sœur de Zach), ou montrer ce qu’il advient également des personnages secondaires (comme le tueur à gages Antiochus Ebrahimi). Le scénariste comble l’horizon d’attente de son lecteur. Avec des scènes attendues par exemple une dernière partie d’Urban Interceptor, avec une proie de choix. Il va même au-delà de ses attentes du lecteur en évoquant la création du personnage de Overtime dans la série de dessins animés du même nom, ou encore en montrant comment Sikorsky a évolué au sein des Interceptors. Toutes les solutions de continuité sont levées, qu’il s’agisse du sort de la jeune femme opérée à la fin du tome trois, ou de la survie de Merenia Alicia Colton après s’être tranché la gorge dans une ruelle désaffectée : les pièces du puzzle s’assemblent parfaitement. Arrivé à la fin le lecteur se rend compte que l’histoire s’est déroulée dans une durée assez courte : du 24 juin 2059 au 04 juillet de la même année, période à laquelle s’ajoutent les retours en arrière, en 2019 et en 2049. À la rigueur, le lecteur peut trouver le laps de temps entre les années 2010 et 2059, un peu court pour que l’humanité puisse coloniser d’autres planètes. Il peut également envisager cet état de fait comme un déroulement alternatif de l’Histoire.



Dans ce tome à la pagination supérieure à celles des précédents, les moments mémorables abondent, entre scène attendue (le moment de gloire de Zachary Buzz est enfin arrivé), et celles qui ne pouvaient pas être anticipées. D’entrée de jeu, le lecteur ne s’attendait pas à assister à une conférence exposant les choix de conception d’un personnage de série de dessins animés : belle salle spacieuse équipée de rangées de tables avec des micros pour chaque participant, de beaux fauteuil, bien sûr un écran géant qui diffuse l’épisode pilote, celui-ci recourant à une palette de couleurs bien distincte (des teintes plus vives), et des formes un peu plus anguleuses que celles des scènes dans la réalité du récit, avec une magnifique reconstitution d’une demeure de riche propriétaire en 1895. La séquence suivante fonctionne également sur un plan de prise de vue et de mise en scène complexe : une scène de foule se ruant sur les pistes du port des navettes spatiales pour pouvoir évacuer Monplaisir : les quelques policiers qui tentent de contenir le mouvement de foule, la pression de la masse, les gens qui tombent par terre et qui sont piétinés, la panique faisant prendre risques inconsidérés… et l’atroce accident qui ne manque pas de survenir. Le lecteur éprouve la sensation de se retrouver un observateur impuissant, avec une suite de cases, ou d‘une suite de plan lui permettant de parfaitement comprendre ce qui se passe, tout en restant à niveau d’être humain. Autre séquence sous tension : Zachary Buzz se retrouvant sur un plateau d’enregistrement pour prononcer un discours apaisant dont le texte défile sous ses yeux, en présence de Springy Fool, d’A.L.I.C.E. et Narcisse Membertou : un espace plus réduit, moins de personnages, l’état d’esprit de Buzz fluctuant au gré de ses convictions parfaitement intelligibles au lecteur qui éprouve chacune de ses hésitations, de ses changements d’attitude.


Le lecteur savoure également à l’avance le sens du détail de l’artiste. Il sait qu’il va jouer à reconnaitre les personnages dont les vacanciers ont revêtu le costume, dimension ludique fort agréable grâce à la capacité exceptionnelle du dessin à en restituer les caractéristiques essentielles. Ça fait toujours plaisir de reconnaître des artefacts culturels, et ce n’est pas grave si on en rate un ou deux. Par exemple Thor, Black Cat, Cyclops, Deadpool, Elastigirl (Indestructible), Rorschach, Goldorak, Captain Marvel, Bane, Robocop, Link, Raphael (Tortues Ninjas). L’attention portée au détail s’étend au-delà des costumes : comme dans les tomes précédents, sans aucune baisse d’implication ou d’investissement du dessinateur, la ville de Monplaisir présente une consistance remarquable qui la rend tangible, à la fois les détails, à la fois la cohérence d’un tome à l’autre : la forme des vaisseaux spatiaux, l’uniforme des policiers, les néons innombrables aux façades de Monplaisir, le hall d’accueil du bâtiment abritant les studios d’enregistrement (et les ronds sur les joues des robots), la chambre et le matériel médical pour l’opération de Merenia Colton, l’ameublement de la chambre d’hôtel d’Antiochus Ebrahimi avec le sac de voyage posé sur le sol, le luxueux appartement en duplex de Buzz, les dernières vues de la ville alors que le nettoyage arrive à son terme, etc.



Dans les faits, le lecteur dévore les pages parce qu’il a hâte de découvrir la suite, ce qu’il advient des personnages : Zachary Buzz idéaliste, Springy Fool et son comportement obsessionnel et tyrannique, Ishrat Akhtar et son état de santé, Merenia Colton et sa colère, et même A.L.I.C.E et son raisonnement purement logique. Dans le même temps, il ralentit un peu sa lecture pour prendre un peu de recul, conscient des conséquences à moyen et à long termes, et des thèmes abordés. Il y est question de maternité, avec des circonstances très différentes, des attentes de la future mère très personnelles, des réactions du futur père aux motivations individualisées, pas toujours bienveillante, et atteignant un niveau d’égocentrisme inimaginable pour l’un d’entre eux. N’ayant pas accès aux mécanismes de fonctionnement de l’intelligence artificielle d’A.L.I.C.E., le lecteur ne peut que supputer sur la nature des raisonnements qui dictent ses actes. Le personnage d’Overtime surprend le lecteur : il ne s’attendait pas à ce que les auteurs développent la genèse de sa création, encore moins son épisode pilote. Dans le même temps, s’ils y consacrent dix pages, cela induit qu’il y a une intention : montrer comment les adultes fabriquent de tout pièce les modèles montrés aux enfants, comment un de ces enfants, animé par une vision dichotomique du bien et du mal, se conduit en cohérence avec les valeurs morales de son héros, de ce modèle. En filigrane, le lecteur retrouve également une structure politique gouvernant soit pour le profit capitaliste, soit pour son propre ego.


Ce dernier tome comble l’horizon d’attente du lecteur, et le dépasse de bien des manières. L’ensemble forme un récit de science-fiction solide et généreux, intelligent. La narration visuelle fait montre d’une rare consistance et d’une rare richesse en termes d’inventivité, de représentation et de description de ce futur. S’appuyant dessus et s’en nourrissant, l’intrigue s’inscrit à la croisée de deux genres, science-fiction et polar, avec des personnages incarnés et diversifiés, et des réflexions nourries sur le modèle donné aux enfants, la police et la justice, la société du spectacle, les vacances comme exutoire à une année de travail au service de la production marchande et capitaliste, l’intrication des intelligences artificielles dans le quotidien et dans le long terme.



mardi 26 mars 2024

Urban: Enquête immobile (4)

Dorénavant les robots devront arborer des signes qui les distinguent des humains.


Ce tome fait suite à Urban: Que la lumière soit… (3) (2014) qu’il faut avoir lu avant. Il faut avoir commencé par le premier tome, car il s’agit d’une pentalogie formant une histoire complète. Sa première publication date de 2017. Il a été réalisé par Luc Brunschwig pour le scénario, et par Roberto Ricci pour les dessins et les couleurs. Il compte cinquante-huit pages de bande dessinée. La série a bénéficié d’une réédition en intégrale en 2023, d’un format plus petit.


16 mars 2046, extrait n°21 tiré des archives de Monplaisir. Sous la pluie, de nuit, dans les ruines, Narcisse Membertou, armé d’un fusil, fouille les débris à la recherche de quelque chose de valeur. Il s’adresse à son employeur qu’il appelle patron, en train de travailler à des soudures sur un robot, à l’abri dans un conteneur maritime transformé en atelier. Il lui dit qu’il le regarde depuis ce matin et il y a une question qui lui brûle les lèvres. Le patron ne lui répond pas. L’employé tente quand même : Voilà, ça fait seize heures que le scientifique est là, à monter son robot pièce après pièce, et il se disait Comment il va faire pour monter les milliers d’autres mécas qu’il a amenés avec lui ? Il s’explique : Son patron a annoncé à toute la clique interplanétaire que son parc ouvrirait dans moins de deux cents jours. Pourtant Membertou ne voit pas trop comment l’ingénieur va arriver à monter tous ces machins, alors qu’il est le seul type compétent en robotique sur ce qui reste de cette planète. Et donc, voilà où il voulait en venir : est-ce que ça n’aurait pas été plus simple de faire assembler tous ses robots sur une chaîne de montage ? Et de les ramener sur Terre déjà prêts à l’emploi ? Le patron finit par répondre : Si Membertou pose la question, c’est qu’il ignore tout des principes de l’A.L.I.C.E. Il explicite l’acronyme : Pour Analising and Learning Intelligence Communitarian and Evolutionary. Attention, chacun des termes qu’il vient de citer est important… Et leur combinaison encore bien davantage !!! Est-ce que Membertou l’a suivi ? Ou bien, est-ce qu’il l’a perdu ? La discussion s’arrête là, et Membertou emmène son employeur sur son dos, pour qu’il ne se mouille pas les pieds, jusqu’à leur logement dans un immeuble désaffecté.



Plus tard, Le patron est allongé sur le ventre, sans parvenir à dormir, un pistolet posé sur sa table de nuit. Il entend des cris : il se lève, pistolet en main. Il arrive sans se faire voir à la pièce où réside Narcisse Membertou et il observe à la dérobée son employé en train de faire l’amour avec une femme pulpeuse. Il regarde en parfait voyeur. Une fois l’acte terminé, les amants se rhabillent et la femme repart en emportant une caisse contenant des vivres. Arès son départ, le roboticien se montre à Membertou et il lui pose de nombreuses questions sur les circonstances et le déroulement de ce rapport. Est-ce que Membertou la connaissait avant ce soir ? Réponse négative. Comment a-t-il réussi à faire ça, alors qu’ils ne savaient rien l’un de l’autre, qu’ils ne partageaient rien du tout, ni sentiments, ni origines ou goûts communs ?


En découvrant cette première archive sur la construction de la cité Monplaisir, le lecteur se rend compte qu’il est avant tout revenu pour l’intrigue. L’auteur en avait déjà dévoilé un peu dans le tome précédent, ce qui avait permis au lecteur de se rendre compte qu’il y avait d’autres éléments du passé présents dans les deux premiers tomes mais qu’il n’avait pas identifié comme tel lors de sa lecture. Le premier tome présente un monde original, une cité plaisir pour vacanciers, et un meurtre mystérieux. Tome après tome, l’intrigue acquiert de plus en plus de profondeur, à la fois quant au grand dirigeant de Monplaisir, personnage étrange toujours revêtu d’un costume de lapin, à la fois quant au mode de fonctionnement de la ville. Voilà que dans le premier chapitre du présent tome, le lecteur assiste en direct aux prémices de la construction de Monplaisir, par deux individus. Il n’entretient aucun doute quant à l’identité du roboticien ; il a la confirmation de l’importance de son homme de main Narcisse Membertou. Il se dit que cela explique qu’il occupe la position de chef de la police dans le présent du récit en 2059. Par la suite, Zachary Buzz utilise un accès illimité aux archives de la ville et il pose les questions les plus pénétrantes possibles pour un enquêteur, pour la plus grande satisfaction du lecteur.



Le lecteur se retrouve totalement impliqué dans l’intrigue, les révélations générées par la découverte du passé, et les événements survenant au temps présent du récit. Un véritable délice. Comme il aurait dû s’en douter, Monplaisir est une entreprise capitaliste, avec des ramifications politiques. Springy Fool n’a rien du doux dingue que laisse supposer le port d’un costume de lapin en permanence. Comme découvert dans le tome précédent, l’adjectif doux ne s’applique pas à lui, en revanche le qualificatif de dingue se discute. Effectivement Narcisse Membertou a une longue histoire avec Springy Fool, depuis les prémices de Monplaisir, et leur relation présente des facettes glauques, tout en étant profitables aux deux hommes. Le lecteur retrouve également Zachary Buzz qui se voit assigné à résidence après son action d’éclat à la fin du tome précédent, sa sœur Julia, Ishtar Akthar, Merenia Colton, Olif, l’enquêteur Gunnar Carl Christiansen et son épouse Pernilla Ann, Overtime le justicier du temps, ainsi que Springy Fool & A.L.I.C.E. au temps présent. Il resitue avec aisance chaque personnage, ainsi que son histoire personnelle, ses motivations et ses relations avec les autres, voyant apparaître des points de connexion entre leurs trajectoires qui se poursuivent ensuite indépendamment. Il revoit même l’administrateur Gregorescu de la Fédération galactique et l’administratrice Pichniewski, apprenant par là-même le prénom de son fils Roman, et l’agent Sikorski qui avait fait équipe avec Buzz.


Le scénariste a imaginé une savante structure pour son récit, dévoilant progressivement ce qui se trame, ce qui a mené à la situation actuelle devenue littéralement explosive, l’ampleur des enjeux, jusqu’à la Fédération galactique, l’importance très relative que peuvent avoir les choix de Zachary Buzz dans un tel imbroglio. Et pourtant… Dans le même temps, les secrets mis à jour agissent comme des révélateurs de la réalité de cette société. L’histoire personnelle de Springy Fool s’avère être celle d’un inventeur de génie, d’un entrepreneur audacieux avec une vraie vision, d’une création monstrueuse, celle la cité de Monplaisir, une créature qui menace d’échapper au contrôle de son créateur. Les relations interpersonnelles font apparaître les passions, ainsi que les contraintes sociétales systémiques. Zachary Buzz est animé par des principes et motivé par une envie d’œuvrer pour la justice : il se heurte à la nature même de la police de Monplaisir, plutôt une police privée protégeant les intérêts du propriétaire de ladite cité. Sa notion de la justice lui vient d’un personnage d’une série de dessin animé, Overtime, une forme absolue et pure, qui se heurte forcément au principe de réalité, et à la complexité des émotions humaines. Springy Fool est privé des qualités sociales qui permettent d’initier une relation avec une femme, la société ne lui offrant aucune alternative. Les dirigeants de Monplaisir manipulent la présentation des faits au travers des informations, jusqu’à imposer de prétendues vérités alternatives. Les contraintes socio-économiques poussent la roboticienne Merenia Colton à la prostitution. L’enquête met à nue les forces systémiques qui façonnent et forment la vie de chaque individu, comme un polar.



La narration visuelle donne à voir ce monde et met en scène ces personnages, avec une approche descriptive et naturaliste qui apportent les détails et les émotions pour faire vivre l’ensemble et chacun. Après trois tomes, l’horizon d’attente du lecteur est élevé en ce qui concerne les paysages, les accessoires, les vêtements. Le niveau de qualité reste identique et très élevé : les bâtiments en extérieur comme en intérieur, avec un niveau de détails qui ne baisse pas, le jeu d’acteurs et leur expressivité, entre naturalisme et quelques exagérations comiques pour Springy Fool, la mise en couleurs sophistiquée qui définit une atmosphère spécifique pour chaque scène, la densité remarquable d’informations visuelles tout en préservant la lisibilité. Le lecteur ressort de ce tome avec de nombreuses images en tête : les immeubles en ruine avec les conteneurs maritimes à leur pied, Membertou portant son patron sur dos sous la pluie, ledit patron interrogeant son employé sur son activité sexuelle avec un entrain et une candeur juvéniles, des sacs de nourriture déchargés d’un train, Merenia Colton accouchant seule dans une rue déserte, la même se tranchant la gorge, les effets d’une intoxication alimentaire de grande ampleur, etc. Sans oublier le plaisir ludique à identifier les costumes des vacanciers, comme ceux de Super-Dupond, Wonder Woman, Wolverine, Hans Solo, Princesse Leia, Kakshi Hatake.


Scénariste et dessinateur continuent d’emmener leur lecteur, loin, très loin. À la fois dans les visuels de ce futur, que ce soient les environnements urbains ou les modes de transport. À la fois dans les situations dramatiques, jusqu’à l’exécution pure et simple en public d’individus désignés comme ennemis d’état, ou dans le comportement abject de Springy Fool dans ses relations personnelles, en particulier avec les femmes. Également dans les contraintes comportementales et les entraves implicites à la liberté des individus intrinsèques au fonctionnement systémique de cette société.