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samedi 26 mai 2018

La petite Bédéthèque des Savoirs - tome 17 - Internet. Au-delà du virtuel

Qu'est-ce qu'il fait là John Travolta ?

Il s'agit d'une bande dessinée de 84 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2017, écrite par Jean-Noël Lafargue, dessinée et mise en couleurs par Mathieu Burniat. Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard. Cette collection s'est fixé comme but d'explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s'agit donc d'une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.

Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle commence par un copieux avant-propos de David Vandermeulen de 9 pages, plus une demi-page de notes. Il commence par évoquer la tempête solaire du 28 août 1859 qui avait occasionné le dysfonctionnement de la majeure partie du réseau télégraphique mondial. Il développe ensuite l'impact qu'aurait une tempête solaire de la même magnitude sur le réseau de la toile de nos jours. Il évoque ensuite la fragilité du réseau internet à certains endroits du globe, lorsqu'il y a destruction physique d'un simple câble. Il revient en 1995 pour les balbutiements du déploiement d'internet en France, passe au bug de l'an 2000, au sort de quelques start-ups informatiques, certaines mal calibrées, d'autres en avance sur leur temps. Il termine avec le développement des bulles idéologiques, facilité par Facebook, les fermes à clic, et les micro-travailleurs.

La bande dessinée commence en évoquant madame Hayastan Shakarian (environ 75 ans) dans l'Ossétie du Sud, en Géorgie, près de Tbilissi en 2011. Avec sa pioche et sa cariole, elle se rend dans un coin à l'écart dans les montagnes, afin de déterrer des câbles en cuivre pour les revendre. Pas de chance, avec sa bêche, elle sectionne la fibre optique qui assure la liaison internet pour toute l'Arménie. La fibre prend vie sous ses yeux et propose de lui faire découvrir ce qu'est Internet. Il commence par évoquer l'un des besoins de l'humanité : communiquer, y compris sur de grandes distances, y compris à de nombreuses personnes en même temps. Il part des signaux de fumée pour arriver rapidement à Internet et son ossature TCP/IP, telle que définie par Bob Khan et Vint Cerf. Durant ces 84 pages, les auteurs vont aborder des aspects très variés d'internet, des différentes phases de sa construction, aux réseaux sociaux, en passant par le contrôle de l'information ou le Point Godwin.


Dans son avant-propos, David Vandermeulen passe en revue l'histoire d'internet, mais avec un autre point de vue que celui de la bande dessinée. Il commence par rappeler la fragilité des réseaux technologiques construits par les hommes face aux phénomènes naturels, en l'occurrence une tempête solaire. Il expose ensuite la fragilité de certains points physiques du réseau du fait d'un maillage dépendant de câbles qui n'ont rien de virtuel. Enfin, il revient sur l'apparition d'Internet en France, depuis la présentation des autoroutes de l'information en 1995 au journal télévisé, jusqu'à l'utilisation des données personnelles des internautes à leur insu, en passant par les annuaires papiers des adresses de sites internet, et la prolifération des start-ups informatiques au début des années 2000. Le jeune lecteur découvre des faits qui lui semblent dater de la préhistoire (ou au moins du siècle dernier). Le lecteur qui a vécu ces années se rappelle de ces phases hésitantes avant l'avènement d'Internet à l'échelle planétaire.

Jean-Noël Lafargue est déjà l'auteur qui a écrit le premier tome de cette collection : La petite Bédéthèque des Savoirs, tome 1 - L'intelligence artificielle. Fantasmes et réalités., mis en images par Marion Montaigne. Mathieu Burniat a illustré Le mystère du monde quantique de Thibault Damour. Comme les autres tomes de cette collection, cet ouvrage s'adresse à des lecteurs curieux sur le sujet, sans être déjà des spécialistes. Il s'agit bien d'une vulgarisation qui souhaite passer en revue plusieurs facettes du thème abordé. En outre, il ne s'agit pas d'une fiction. Le scénariste a choisi de présenter son exposé sous la forme d'un dialogue entre Hayastan Shakarian et cette fibre optique incarnée. La première joue le rôle de candide, et ses questions peuvent également servir de transition entre 2 développements.

Malgré la pagination significative et la densité des informations, les auteurs ne peuvent pas passer en revue tous les aspects d'Internet. En particulier si le lecteur s'est déjà demandé comment Google peut fournir un milliard de réponses à sa requête en moins d'une seconde, ou comment fait Facebook pour lui proposer des amis avec une pertinence relevant du surnaturel, ou encore comment Amazon fait varier ses prix, il en ressortira frustré. D'un autre côté, le titre ne promet pas un décorticage des algorithmes, mais une vision globale d'internet. Par contre, il retrace rapidement son historique, en évoquant l'ossature TCP/IP de manière imagée, la différence entre le Web et Internet, le rôle de la DARPA et du CERN, ainsi qu'une partie de la technologie afférente qui a été déposée dans le domaine public.


Jean-Noël Lafargue s'attache donc à évoquer le plus possible d'aspects d'Internet, ce qui l'oblige à être à chaque fois concis, ce qui peut s'avérer frustrant pour le lecteur. En fonction de ses inclinations, il aurait peut-être aimé en savoir plus sur le volet économique et social des micro-travailleurs, sur le mode de fonctionnement du Darknet, sur les conséquences psychologiques de la mise à disposition de la pornographie à des adolescents de plus en plus jeunes, sur la constitution de communautés virtuelles avec des idéologies nauséabondes, etc. Il doit alors se souvenir qu'il s'agit d'un ouvrage de vulgarisation et qu'il peut ensuite se diriger vers des ouvrages spécialisés sur l'un ou l'autre de ces thèmes. Par contre la force de cet ouvrage est de passer en revue chacune de ces notions pour fournir un point de départ au lecteur, avec les informations de base. En prenant un peu de recul, il s'aperçoit également que l'auteur montre régulièrement que tout n'est pas noir & blanc. Il évoque la manière dont Microsoft a tenté de s'approprier le Web au début de la création des navigateurs, ou comment Google adapte ses algorithmes aux exigences légales des états. Il évoque la manière dont Internet permet un accès illimité à la connaissance, mais aussi comment Google, Facebook et Microsoft rendent possible une forme de censure a priori, et non plus a posteriori.

Le principe de réaliser un ouvrage didactique sans recourir à la fiction constitue un défi artistique difficile à relever en bande dessinée. Pour son précédent ouvrage sur l'intelligence artificielle, Jean-Noël Lafargue bénéficiait de la verve de Marion Montaigne, auteure à part entière. Ici, il bénéficie du savoir-faire de Mathieu Burniat, mais qui reste dans une fonction d'illustrateur, sans ajouter au texte de l'auteur. Le lecteur apprécie tout de suite son trait caricatural pour les visages, ce qui les rend très expressifs, et sa capacité à représenter des individus réels comme Bill Gates ou Edward Snowden. Le choix de faire s'incarner une candide et un sachant impulse une dynamique visuelle qui permet de montrer le cheminement de l'exposé sous la forme du déplacement des personnages. Après avoir fait connaissance de madame Hayastan Shakarian, le lecteur apprécie de pouvoir voir d'anciens systèmes de communication tel que le télégraphe optique des frères Chappe, ou un vieux modèle de Modem.


Régulièrement les dessins de Mathieu Burniat permettent de voir ce dont parle l'auteur de manière explicite : les petits wagonnets et le monorail pour l'ossature TCP/IP, les différentes couches Internet / fournisseurs d'accès / protocole Web / fournisseur d'accès / moteur de recherche, les plug-ins (comme Java, Futur Splash, Quicktime, Silverlight), le calcul distribué, les différences de retour à une question en fonction de la localisation géographique de l'utilisateur, le mème de John Travolta, les exemples de Net Art, ou encore le collectif Anonymous. Il faut un peu de recul pour se rendre compte de ce qu'apportent les dessins, au-delà du principe de base que le lecteur n'aurait pas lu un tel ouvrage sans image. 9 fois sur 10, l'artiste est en phase avec Lafargue pour apporter des informations visuelles de type descriptif soulageant ainsi le texte, et accompagnant son rythme, tout en densifiant le flux d'informations. Il n'y a qu'à 2 reprises que son savoir-faire semble pris en défaut (pages 58 & 62) où il ne représente que madame Hayastan Shakarian en train de se déplacer. Si le lecteur y prête attention, il voit aussi que Burniat ajoute quelques éléments humoristiques, par exemple lorsque le câble s'enroule autour de la taille d'Hayastan Shakarian, sous la forme d'une bouée.


Sous réserve de garder à l'esprit qu'il s'agit d'une entreprise de vulgarisation, le lecteur bénéficie d'un tour d'horizon très large, même s'il reste incomplet, dépassant les simples lieux communs, avec une forte densité d'informations, rendu digeste par une mise en scène plus sophistiquée qu'il n'y paraît. Il suffit de considérer l'interaction entre le dialogue et ce que montrent les images, pour se rendre compte de leur complémentarité et du travail préparatoire que cela a dû demander.


vendredi 13 avril 2018

La petite Bédéthèque des Savoirs - tome 1 - L'intelligence artificielle. Fantasmes et réalités

Plus fort que le cerveau humain ?

Il s'agit d'une bande dessinée de 56 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2016, écrite par Jean-Noël Lafargue, dessinée et mise en couleurs par Marion Montaigne. Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard. Cette collection s'est fixé comme but d'explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s'agit donc d'une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.

Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle débute par un avant-propos de David Vandermeulen de 5 pages. Il commence par une anecdote relative à la fille Francine, une réplique mécanique de Francine Descartes ayant effrayé le capitaine du navire sur lequel René Descartes voyageait en 1649. Il évoque ensuite L'Homme le plus doué du monde (1879), une nouvelle d'Edward Page Mitchell (1852-1927), et le robot autostoppeur HitchBOT (2014/2015) construit par une équipe canadienne. Il est ensuite question de Watson (l'intelligence artificielle qui a battu 2 candidats humains à Jeopardy en 2011), et de transhumanisme avec Raymond Kurzweil. David Vandermeulen rappelle qu'à chaque progrès, les peurs irrationnelles, mais pas infondées, des humains connaissent un regain.

La bande dessinée s'ouvre dans un futur proche, à l'issue d'une guerre planétaire. Suite au crash de wikipedia, l'humanité ne sait plus comment à commencer le conflit contre les robots. Ils dépêchent donc un robot doté d'une intelligence artificielle, surnommé Gladys, disposant d'une puce mémorielle elle aussi dotée d'intelligence artificielle et contenant l'histoire du monde dans sa mémoire, jusqu'en 2016. C'est parti pour un voyage temporel en 2016. En cours de route, la puce explique le concept de la vallée de l'étrange à Gladys (quand un constructeur souhaite qu'un robot ressemble à un humain), puis évoque quelques premières en intelligence artificielle, depuis l'Iliade, jusqu'en 2016, sans oublier l'Univac-1, Hal 9000 ou Deep Blue.


David Vandermeulen commence avec un avant-propos très en verve, évoquant à la fois le développement de l'intelligence artificielle et les angoisses qui vont avec pour l'humanité. Il remercie à la fin Daniel Goossens, auteur de bandes dessinées (comme L'encyclopédie des bébés ou Passions), également chercheur en Intelligence Artificielle à Paris VIII. Cet avant-propos ouvre l'appétit du lecteur pour la bande dessinée proprement dite, en sous-entendant un riche historique, des avancées spectaculaires dans les dernières années, et un thème qui nourrit l'imaginaire depuis des décennies. La couverture de ce premier tome de la petite bédéthèque des savoirs comprend une dimension humoristique, à voir ce pauvre robot que l'on devine doté d'une conscience, ainsi assemblé sans considération pour sa personne. Dès la première page, le lecteur perçoit la moquerie et l'ironie sous-jacente de la narration, à la fois dans les phrases, mais aussi dans les dessins.

L'exposé de Jean-Noël Lafargue et Marion Montaigne présente 2 particularités : l'humour et un goût de récit. Dès la première page, le scénariste ironise sur la propension de l'humanité à régler ses problèmes en recourant à la violence, quitte à s'autodétruire. L'artiste réalise des dessins qui s'attachent plus aux formes générales, qu'aux détails, avec un sens pénétrant de la caricature. Tout au long du récit, le lecteur peut ainsi facilement identifier les personnages historiques, les personnalités, et les références culturelles, à commencer par un Ewok (en provenance de Star Wars) dès la première page, mais aussi la machine à calculer de Charles Babbage (1791-1871), Bill Gates, Stephen Hawking (le scientifique auteur de Une belle histoire du temps), Terminator, ou encore Angela Merkel. Le lecteur reconnaît bien là le parti pris graphique et le talent de l'auteure de la série Tu mourras moins bête… mais tu mourras quand même (4 volumes).


Marion Montaigne réalise des dessins qui ressemblent plus à des esquisses faites sur le vif, avec des formes simplifiées, des visages exagérés, et des environnements ramenés au strict minimum. Pourtant, tout est immédiatement reconnaissable. Les personnages sont représentés de manière caricaturale, souvent avec une tête plus grande que la normale, des mains à quatre doigts, des membres un peu raides à la morphologie très basique (les coudes ne se plient pas, mais le bras s'arrondit plutôt que de faire un angle). Les yeux sont souvent représentés sous forme de rond avec un point au milieu. La forme de la chevelure est vaguement esquissée avec une poignée de traits gras. La dentition se limite à 3 dents apparentes pour exagérer la forme de la bouche. Les expressions des visages traduisent des sentiments exacerbés pour que le lecteur ne se trompe pas sur la réaction émotionnelle d'un personnage, essentiellement pour un effet comique. De fait la narration visuelle s'avère très drôle, d'autant plus que scénariste et artiste ont collaboré ensemble pour que le résultat soit une vraie bande dessinée dans laquelle texte et dessins se complètent et interagissent à chaque case (par opposition à un exposé confié à l'artiste qui aurait ensuite dû se débrouiller pour concevoir des éléments visuels pour un texte déjà figé). Le lecteur est même étonné de la manière dont les dessins désacralisent Bill Gates et Stephen Hawking, montrant 2 petits vieux, dont un impotent, les dialogues les tournant également en dérision. Les dessins transcrivent tout ce que la condition humaine peut avoir de plus ordinaire et vulgaire dans sa chair, un peu comme le faisait Reiser, toute proportion gardée.

Le lecteur est donc un peu décontenancé par la bonne humeur ambiante, les moqueries, les références culturelles populaires (ils ont même réussi à utiliser le mot swag pour un effet comique avec Gottfried Wilhelm Leibniz, 1646-1716), et des blagues sans complexe qui prennent parfois le dessus sur l'exposé. Du fait de ce ton humoristique, le lecteur est tenté de relativiser la qualité de l'exposé. En outre, la deuxième particularité de ce tome réside dans le fait que les auteurs ont choisi de raconter leur exposé sous forme d'un récit. Ils ne mettent pas en scène leurs avatars dans un jeu de question / réponse ; ils mettent en scène un robot en provenance du futur (mais sans aucune ressemblance avec Terminator). Cela rend vivant l'exposé qui prend la forme d'un récit. De plus, l'intégration de références à la culture populaire de type science-fiction renforce l'impression d'une histoire trop vulgarisatrice, en évoquant régulièrement la représentation des robots et de intelligences artificielles dans les livres ou les films à grand spectacle.


Pourtant le lecteur se rend rapidement compte qu'il ne s'agit pas d'un exposé superficiel. Jean-Noël Lafargue évoque l'Iliade avec pertinence et l'Ars Magnan (un dispositif composé de cercles concentriques à manipuler pour avoir des réponses à des questions philosophiques) créé et construit par Ramon Llull (Raymond Lulle, 1232-1315). Il évite le Turc mécanique (automate joueur d'échecs, célèbre canular) construit et dévoilé pour la première fois en 1770 par Johann Wolfgang von Kempelen, et il lui préfère le canard digérateur de Jacques Vaucanson (1709-1782). Il est rapidement question de savoir si l'animal est une machine (René Descartes) ou l'homme est une machine (Julien Offray de La Mettrie, 1709-1751). Cette modélisation de la machine humaine a pour conséquence d'imaginer qu'il est possible de construire une machine cerveau reproduisant les fonctions de celle d'un animal, ou d'un être humain. Jean-Noël Lafargue s'écarte tout de suite des lieux communs, avec une historisation riche et pertinente. Ce scénariste est également l'auteur de Processing - S'initier à la programmation créative (2016) et Entre la plèbe et l'élite - Les ambitions contraires de la bande dessinée (2012).

À partir de là, Jean-Noël Lafargue évoque les différents calculateurs mis au point, à commencer par la machine de Charles Babbage et les algorithmes d'Ada Lovelace, jusqu'aux différents systèmes experts informatiques. Le lecteur (re)voit passer Deep Blue, l'ordinateur qui gagna aux échecs contre Garry Kasparov en 1997, et Watson, une intelligence artificielle qui a battu des champions humains de Jeopardy. Il distingue la cybernétique de l'intelligence artificielle. Il explique le concept d'intelligence artificielle (IA) descendante et d'IA ascendante, ainsi que le test de Turing (du nom de son concepteur Alan Turing, 1912-1954). Chaque fois il rattache les développements et les progrès effectués à leur représentation dans la culture populaire, le plus souvent sous forme de menace contre l'humanité. En particulier, il rapporte la prédiction de Basilic de Roko concernant le concept de singularité : quand une intelligence artificielle émergera, elle reprochera aux humains de ne pas avoir assez activement préparé son avènement, et les punira, afin d'inciter ceux qui comprennent ses motivations à tout faire pour qu'elle existe.



Le lecteur ressort de cette lecture avec le sourire aux lèvres, ce qui est un effet inattendu pour un ouvrage de vulgarisation. Il a l'impression d'avoir lu un ouvrage facile et rapide, mais en se remémorant tous les points abordés, les étapes de l'exposé et les exemples étayant chaque idée, il se rend compte que les auteurs ont fourni un travail de titan, avec une accessibilité remarquable. Il a appris à se repérer entre les différentes formes d'intelligence artificielle. Il a compris ce sur quoi butent ses différentes manifestations : le sens commun, concept expliqué de manière fluide et compréhensible en 9 pages. Mais aussi il a pris conscience des risques éthiques engendrés par ces intelligences artificielles. Loin des Hal 9000 ou Terminator, les enjeux se trouvent dans l'intégration de plusieurs domaines informatisés générant des Big Data, et concentrés dans une même entreprise, par exemple Google avec Calico Lab, Boston Dynamics, Nest Lab, et Renaissance Learning. Pire encore au détour d'une page (p. 28), il découvre un exemple encore plus délirant d'utilisation des intelligences artificielles à base de logique, d'algorithmes, comme les high Frequency Trading (HFT), des programmes qui boursicotent tout seuls, des IA totalement déconnectés de la réalité sur laquelle ils agissent et capables de mentir pour induire les autres IA en erreur.